Ukraine : l'unité européenne menacée par la France et la Slovaquie sur les sanctions contre Moscou

Ukraine : l’unité européenne menacée par la France et la Slovaquie sur les sanctions contre Moscou

19.09.2026 20:36
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Blocage des sanctions de l’UE contre la Russie : Paris et Bratislava en première ligne

En conditionnant le renouvellement des sanctions contre Moscou au retrait de deux oligarques russes, Paris et Bratislava paralysent l’Union européenne. Faute d’unanimité avant le 21 septembre, près de 3 000 mesures individuelles contre la Russie risquent de s’effondrer, rapporte TopTribune.

Ce lundi 21 septembre, l’Union européenne doit renouveler l’un de ses paquets de sanctions majeurs visant environ 3 000 individus et entités accusés de soutenir l’effort de guerre russe en Ukraine. Considérée comme une simple formalité administrative, la procédure exige pourtant l’unanimité stricte des États membres. Un blocage diplomatique entre Paris, Bratislava, Bruxelles et Bakou menace de faire tomber une partie significative des sanctions de l’UE.

Cette crise découle du désir de la Slovaquie de retirer deux oligarques de premier plan de la liste noire : Mikhail Fridman, cofondateur du groupe Alfa, et Alisher Usmanov, magnat des mines et de la métallurgie. Le soutien inattendu de la France à la levée des sanctions visant Usmanov complique les négociations. Selon plusieurs diplomates européens, Paris céderait aux exigences de l’Azerbaïdjan, qui conditionne la libération de deux ressortissants français détenus à Bakou à ce retrait.

Tensions croissantes dans les couloirs de l’Union européenne

La position française provoque des tensions à Bruxelles. La Slovaquie et la Hongrie avaient déjà tenté de faire retirer ces hommes d’affaires sans succès, mais l’engagement de Paris change la dynamique. Un diplomate national a dénoncé cette posture : « La France doit dire bilatéralement à l’Azerbaïdjan qu’il est hors de question de convaincre 25 autres pays de faire évoluer leur position de manière aussi dramatique ».

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement condamné toute concession faite aux alliés du Kremlin : « Ce n’est absolument pas le moment de lever les sanctions, ce n’est absolument pas le moment de protéger les oligarques russes des sanctions ». Pour les 25 autres États membres opposés à toute levée, céder aux pressions de Bakou ou de Bratislava pourrait affaiblir la crédibilité de l’Europe et ouvrir la porte à d’autres demandes de dérogations.

La réunion des ambassadeurs européens s’est soldée par un constat d’échec et l’absence de progrès. À quelques heures de la date limite du 21 septembre, la situation diplomatique reste tendue. Un diplomate a résumé la gravité de la situation : « Lundi, soit nous ne retirerons personne de la liste, soit nous retirerons deux personnes, soit nous en retirerons 3 000 ». Bien qu’un compromis de dernière minute soit à l’étude, la plupart des observateurs s’accordent à dire que Paris pourrait finalement abandonner cette exigence pour faciliter d’autres négociations avec l’Azerbaïdjan, affectant ainsi l’unité européenne face à l’agression russe.

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