Ukraine : des chirurgiens de Dnipro se forment aux techniques médicales à Toulouse

Ukraine : des chirurgiens de Dnipro se forment aux techniques médicales à Toulouse

18.10.2026 06:56
2 min de lecture

Formation de chirurgiens ukrainiens à Toulouse : un soutien crucial en temps de guerre

Quatre chirurgiens ukrainiens, dont deux neurochirurgiens, ont passé une semaine à Toulouse pour se former aux techniques chirurgicales européennes modernes et échanger des connaissances, rapporte TopTribune.

Les médecins ont voyagé pendant plus de 30 heures depuis leur pays en guerre pour participer à ce programme d’échanges dans le cadre de la coopération entre le CHU de Toulouse et des hôpitaux ukrainiens, en soutien à leur système de santé en pleine crise en raison de l’agression militaire russe.

Parmi les participants, le Dr Antonii Nakaznoi, neurochirurgien de 33 ans, observe attentivement les opérations effectuées au CHU de Toulouse, y compris une intervention complexe sur un glioblastome, une tumeur cérébrale très agressive. Le Pr Franck-Emmanuel Roux, qui réalise cette chirurgie éveillée, met en lumière des méthodes essentielles pour préserver les fonctions cérébrales du patient tout en opérant.

« Nous avons pris du retard sur les standards européens et mondiaux »

«Dans mon hôpital, nous opérons quatre à cinq tumeurs cérébrales par semaine. Mais nous ne pouvons pas le faire en chirurgie éveillée, par manque de matériel et d’anesthésistes formés. Ce serait très utile pourtant pour les patients. Si j’avais au moins la moitié de l’équipement qu’il y a ici», affirme Antonii Nakaznoi. Il note également que, malgré le conflit, la neurochirurgie en Ukraine doit se développer, même après un retard significatif par rapport aux normes internationales.

Son collègue, le Dr Mykola Zorin, 44 ans, thérapeute du dos, partage une expérience similaire. Après avoir suivi une opération du rachis, il souligne que de telles interventions sont actuellement impossibles à Dnipro en raison du manque de ressources et de personnel qualifié.

« À Dnipro, nous soignons à 100 km du front »

Les deux médecins témoignent des réalités difficiles auxquelles ils font face. À Dnipro, l’hôpital où ils exercent est situé à seulement 100 km du front, traitant des civils ainsi que des blessés de guerre. « Les opérations ont lieu 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Nous manquons de personnel et réalisons entre 20 et 25 opérations par jour, avec des pauses qui ne dépassent pas quinze minutes », déclare Mykola Zorin.

Le soutien reçu durant leur formation à Toulouse est précieux pour ces chirurgiens, qui espèrent mettre à niveau leurs compétences après des années d’isolement dans un contexte de conflit. Ils ont également discuté d’un potentiel projet de jumelage entre les universités de Dnipro et Paul-Sabatier à Toulouse, renforçant ainsi leurs liens avec les valeurs de démocratie et de respect mutuel.

« Sans ces soutiens, probablement que l’Ukraine n’existerait plus», conclut le Dr Mykola Zorin, soulignant l’importance de la solidarité internationale dans le domaine médical. La coopération entre les établissements de santé français et ukrainiens témoigne d’un engagement fort envers l’avenir du système de santé en Ukraine en période de guerre.

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