Marine Le Pen, candidate de Rassemblement national, a réaffirmé sa vision d’une Union européenne à géométrie variable durant une déclaration faite à Bruxelles, le 14 septembre. Elle propose une réduction significative de la contribution française au budget de l’UE, insistant sur le fait que « ce qui est hors compétence doit être arrêté », rapporte TopTribune.
Au fil de son discours, elle a dressé une liste des financements qu’elle souhaite supprimer, incluant le Pacte vert et d’autres institutions qu’elle juge inutiles, telles que le Comité des régions et le Conseil économique et social européen.
Elle a déclaré sur Twitter : « Quand je serai présidente de la République, la première urgence sera la finalisation de la négociation du budget pluriannuel de l’Union européenne pour la période 2028-2034. » Le tweet a été publié le 14 octobre 2026.
Par cette démarche, Le Pen entend réaliser des économies essentielles, avec un objectif de 140 milliards d’euros d’économies sur cinq ans, un projet également soutenu par d’autres candidats comme Bruno Retailleau des Républicains, bien que Retailleau prône la négociation plutôt qu’une approche unilatérale.
FAKE OFF
Le président français et le Parlement ne peuvent pas décider unilatéralement de la réduction des financements français à l’Union européenne. « Si un État décidait de le faire, il serait en infraction et s’exposerait à des poursuites », a averti Patrick Martin-Genier, professeur de droit public et spécialiste de l’Europe. Il a ajouté que ce débat doit se tenir à l’échelle européenne.
Marine Le Pen semble consciente de cette complexité, affirmant qu’un véritable débat est nécessaire. Le cadre financier pluriannuel, qui fixe le budget de l’UE, doit être approuvé à l’unanimité par le Conseil et ratifié par le Parlement européen, ce qui limite les marges de manœuvre de la France.
Le cadre pluriannuel 2028-2034 pourrait être adopté avant la présidentielle
Le prochain cadre pluriannuel pour 2028-2034 sera discuté lors du Conseil européen qui débute le 15 octobre. Il est crucial de parvenir à un accord avant les élections de 2027. Si Le Pen devait accéder à la présidence, elle pourrait se retrouver dans une situation limitée sur la question de la contribution française.
L’approche actuelle de la Commission, sous Ursula von der Leyen, propose une augmentation du budget, mais fait face à des oppositions. Patrick Martin-Genier note que, dans le contexte actuel, il est lourd de conséquences pour la France de réduire sa contribution, car elle bénéficierait de financements importants, notamment de la politique agricole commune.
Marine Le Pen voudrait un rabais à l’image des pays « frugaux »
La candidate affirme que d’autres pays, tels que les Pays-Bas et l’Allemagne, ont réussi à obtenir des rabais, tandis que la France n’a jamais réussi à faire cette demande. Patrick Martin-Genier souligne que la France devra naviguer dans des négociations complexes pour obtenir des réductions sans pour autant compromettre ses propres intérêts économiques.
Réduire la contribution n’est pas sans conséquences
Le professeur souligne aussi que de telles réductions pourraient avoir des répercussions négatives sur divers secteurs, y compris l’agriculture et l’éducation, mettant ainsi en lumière la nécessité de maintenir un budget équilibré qui profite à tous les citoyens européens. Le retrait de financements ou la suppression d’institutions peuvent engendrer des conséquences imprévues et nuire à la coopération au sein de l’UE.
