
Maxime Hoff, directeur commercial et porte-parole de la plateforme de gestion RH Deel en France, souligne le paradoxe français, qui est rare à rencontrer ailleurs : un pays réputé pour ses généreux droits, mais dont l’efficacité d’usage est l’une des plus faibles, avec en moyenne six jours de congés non pris chaque année, rapporte TopTribune.
Cette observation s’appuie sur une recherche qui a analysé environ 160 000 demandes de congé validées. La France se distingue par deux caractéristiques : elle offre le plus grand nombre de jours de repos pour ses salariés, soit 34 jours en moyenne, RTT inclus, alors que le minimum légal est fixé à 25 jours.
En revanche, elle affiche également le taux d’utilisation le plus bas de l’enquête, avec seulement 1 salarié sur 4 qui utilise l’intégralité de ses droits, comme le précise BFMTV. Ainsi, chaque année, six journées de congé par personne restent sur la table.
L’Allemagne et la Norvège pratiquent un usage complet de leurs congés
Ce taux de 25 % place la France sur le même rang que la Finlande, qui n’est pas mieux lotie. À l’opposé, la moitié des travailleurs en Norvège et au Royaume-Uni consomment tous leurs jours de congés, avec des taux atteignant de 40 à 50 % en Pologne.
Pour sa part, l’Allemagne enregistre un taux d’utilisation supérieur à 40 %, tandis que les Français ne prennent en moyenne que 28 jours de leurs 34 alloués. À titre comparatif, les Suédois et les Britanniques révèlent une prise de 24 jours, contre 16 pour les Américains et 11 pour les Canadiens.
Le Canada, qui n’accorde que 15 jours de congés annuels, voit moins de 20 % de ses salariés épuiser pleinement leurs droits. En revanche, le Mexique, avec un volume de congés également limité, affiche un taux d’utilisation intégrale de 45 %. Dans un contexte comparable d’environ 25 jours de congés accordés, les disparités sont frappantes : plus de 45 % des travailleurs norvégiens, britanniques et polonais utilisent tous leurs jours de vacances, contre un peu plus de 35 % au Danemark et en Espagne, tandis qu’au Pays-Bas et en Italie, ce chiffre descend à moins de 30 %.
Un pic d’absences autour du 14 août, mais Noël génère encore plus d’absences
Le comportement des employés français est qualifié d’ »extrêmement concentré », selon l’étude. Environ 40 % des salariés prennent un jour de congé le 14 août, veille de l’Assomption. À l’inverse, en Allemagne, les vacances d’été sont plus étalées dans le temps, entraînant des pics d’absents bien plus faibles, entre 10 et 20 %.
Aux États-Unis, juillet devance légèrement août en termes d’absences, mais les congés sont répartis tout au long de l’année. Le Canada présente une logique similaire aux États-Unis, sauf pour un pic observé le 30 juin, à l’approche de la fête du Canada.
Contre toute attente, ce n’est pas l’été qui vide les bureaux, mais la semaine de Noël. En France, le 26 décembre est la journée la plus chômée de l’année, avec 56 % des salariés absents, un taux supérieur à celui du 14 août.
Sur les 23 pays étudiés, 22 affichent leur journée de congé la plus demandée lors de la dernière semaine de décembre. Seule l’Arménie déroge à cette tendance avec un pic d’absences le 7 août.