La guerre au Moyen-Orient génère des bénéfices considérables pour certaines entreprises, notamment TotalEnergies, qui a déclaré mercredi un bond de 51 % de ses bénéfices au premier trimestre, atteignant 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros), grâce à la hausse des prix des hydrocarbures. Cette situation relance le débat sur la taxation des profits pétroliers, une requête formulée par la gauche et certains pays européens, rapporte TopTribune.
Le groupe français, classé quatrième compagnie pétrolière en termes de chiffre d’affaires, surpasse ses résultats de début 2022, période marquée par le début de la guerre en Ukraine.
Des actionnaires récompensés
En conséquence de ces performances remarquables, le groupe a décidé d’augmenter le dividende versé aux actionnaires de 5,9 %, le portant à 0,90 euro par action, contre 0,85 euro précédemment. Ce changement est décrit par la compagnie comme la « plus forte croissance de dividende parmi les majors pétrolières », suscitant des critiques virulentes de la part de la gauche et d’associations écologiques.
Le ministre des Transports, Sébastien Lecornu, a exhorté TotalEnergies à « redistribuer d’une manière ou d’une autre » ses bénéfices exceptionnels. Il a affirmé que l’entreprise devait « se positionner sur une manière de redistribuer ». En réponse, TotalEnergies a rétorqué qu’elle « redistribue nos profits » à travers des plafonnements sur les prix des carburants.
« Faire exploser ses bénéfices »
Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale et membre de L’Insoumise, a accusé Total de tirer profit de la guerre pour « faire exploser ses bénéfices », tandis que Greenpeace France a dénoncé une « logique cynique » face à l’augmentation des coûts pour les ménages à la pompe. François Ruffin (Debout !) a critiqué que tout soit fait « pour les actionnaires ». En réponse à cette dynamique, les socialistes ont annoncé leur intention de déposer une proposition de loi visant à taxer « les superprofits des profiteurs de crise ». Concernant la possibilité de taxer ces superprofits pétroliers, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déclaré qu’« on ne s’interdit rien », tout en appelant à ne pas « tomber dans le ‘Total Bashing’ ».