Dans la nuit du 24 mai, la capitale ukrainienne et sa région ont subi l’une des frappes combinées les plus intenses depuis le début de la guerre. Les forces russes ont déployé des drones explosifs et des missiles de différents types, y compris balistiques, provoquant des explosions et des incendies dans plusieurs quartiers de Kiev. La défense antiaérienne ukrainienne était en action constante, mais certaines cibles ont atteint le sol.
Une attaque combinée d’une ampleur inédite
Selon les autorités ukrainiennes, l’offensive visait principalement Kiev. Le président Volodymyr Zelensky a indiqué que Moscou avait lancé 600 drones et 90 missiles de divers types, dont 36 balistiques. Une partie des projectiles balistiques n’a pu être interceptée, et le plus grand nombre d’impacts a été enregistré dans la capitale. Les frappes ont touché des zones résidentielles, des établissements scolaires, des centres commerciaux et des infrastructures urbaines, déclenchant des incendies que les secours s’efforcent de maîtriser.
Les services d’urgence continuent de déblayer les décombres et de lutter contre les feux. Les autorités précisent que le bilan pourrait s’alourdir au fur et à mesure de l’avancement des opérations de sauvetage.
Bilan humain et dégâts matériels
D’après des responsables ukrainiens, au moins deux personnes ont été tuées à Kiev et des dizaines d’autres blessées. Dans la région de Kiev, on déplore également des morts et des blessés. Au total, le président Zelensky a fait état d’au moins 83 personnes touchées à travers l’Ukraine lors de cette attaque nocturne. Les équipes de secours continuent de fouiller les décombres, et le nombre de victimes pourrait encore augmenter.
Des écoles, des marchés et des infrastructures d’eau potable ont été endommagés. L’ampleur des destructions varie d’un quartier à l’autre, mais plusieurs incendies de grande envergure ont nécessité l’intervention des pompiers pendant des heures.
L’emploi du missile « Orechelnik » : un signal d’escalade
Une attention particulière est portée à la frappe contre le secteur de Bila Tserkva. Initialement signalé par des ressources de surveillance et des témoins, l’usage d’un missile de type « Orechelnik » a été officiellement confirmé par Iouri Ignat, chef des communications des Forces aériennes ukrainiennes. Selon lui, il s’agit d’un missile balistique à portée intermédiaire RS-26 « Roubej », également désigné « Orechelnik », tiré depuis le polygone de Kapoustine Iar, dans la région d’Astrakhan en Russie.
Le président Zelensky a également confirmé l’utilisation de ce missile contre Bila Tserkva, alors que d’autres frappes ont visé un système d’approvisionnement en eau, un marché, des habitations et des écoles. Le ministère russe de la Défense a revendiqué l’emploi du missile, affirmant avoir ciblé des installations militaires et industrielles.
Cette attaque constitue la troisième utilisation confirmée du missile « Orechelnik » contre l’Ukraine depuis le début de l’invasion à grande échelle. Capable d’emporter une charge conventionnelle ou nucléaire, son déploiement est perçu non seulement comme une frappe militaire, mais aussi comme un signal démonstratif d’escalade de la part de Moscou.