Suspension de la réforme des retraites : positions des groupes politiques à l'Assemblée nationale

Suspension de la réforme des retraites : positions des groupes politiques à l’Assemblée nationale

12.11.2025 06:24
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Le vote sur la suspension de la réforme des retraites d’Élisabeth Borne s’annonce plus incertain que prévu, alors qu’une partie de la gauche envisage de s’opposer à cette mesure qu’elle considère comme insuffisante, rapporte TopTribune.

Les députés de l’Assemblée nationale examineront, mercredi 12 novembre, l’article 45 bis du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS). Ce moment est crucial pour le gouvernement Lecornu, car la suspension de la réforme pourrait permettre d’éviter une censure de la part du Parti socialiste. Cependant, plusieurs sources indiquent qu’un scrutin pourrait se révéler plus serré que prévu, alors que les groupes parlementaires divergent sur leurs intentions.

Groupes en faveur : PS, RN et Liot

Le Rassemblement national (RN), traditionnellement opposé à la réforme de Borne, devrait voter en faveur de cette suspension. Lors d’un débat en commission des affaires sociales, les députés du RN ont approuvé la suspension par 22 voix contre 12. Thomas Ménagé, député du Loiret, a affirmé : « Tout ce que nous pourrons gratter en faveur des Français qui travaillent, qui souffrent, qui en ont plein le dos… est bon à prendre. »

Le Parti socialiste (PS) est également attendu pour soutenir la suspension. Ses membres ont voté en faveur du texte lors de son passage en commission. Cette suspension a été négociée avec le Premier ministre Lecornu en échange d’un engagement à ne pas censurer le gouvernement. De plus, le PS a obtenu un amendement pour élargir la suspension aux carrières longues, tout en restant vigilant tout au long des débats.

Le groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (Liot) est également favorable à la suspension. Harold Huwart, député d’Eure-et-Loir, a rappelé que Liot avait été à l’origine d’une motion de censure contre la réforme Borne en 2023. Si tous les députés respectent les consignes de vote, cela pourrait apporter 214 voix en faveur de l’article 45 bis.

Groupes contre : LFI, LR et Horizons

Les députés de La France Insoumise (LFI) s’opposeront à cet article, arguant que la suspension ne constitue pas une véritable abrogation. Aurélie Trouvé, députée de Seine-Saint-Denis, a déclaré : « En réalité, ce n’est pas une suspension, c’est un petit décalage d’un an de la réforme de la retraite à 64 ans. » Cette position est critiquée par certains socialistes, qui estiment que LFI vise à empêcher toute victoire politique du PS.

Les Républicains (LR) maintiennent leur opposition à la suspension, conformément à leur programme présidentiel prévoyant une augmentation de l’âge légal de départ à la retraite. Justine Gruet, députée du Jura, a insisté sur la nécessité d’un travail collectif accru, affirmant que le groupe votera majoritairement contre.

Quant à Horizons, malgré la présence de ministres au sein du gouvernement, une majorité de leurs députés devrait voter contre la suspension. Une source interne a indiqué que le groupe a déposé des amendements de suppression qui ont été rejetés en commission. Nathalie Colin Oesterlé, députée de Moselle, a critiqué la suspension, soulignant que la situation démographique demeure inchangée.

Groupes indécis ou non déclarés

Les écologistes et les communistes se montrent hésitants, oscillant entre le vote contre et l’abstention. Leurs décisions seront prises lors de réunions de groupe. Une députée écologiste a précisé : « Rien n’est décidé pour le moment. » Comme le PS, ils attendent un geste concernant les carrières longues, mais ne souhaitent pas être perçus comme des soutiens inconditionnels du PS.

Si ces groupes optent pour le rejet, le vote pourrait se trouver à égalité, plaçant le groupe EPR et le MoDem en position d’arbitres. Le MoDem pourrait privilégier l’abstention, tout en gardant la possibilité de voter pour en fonction de l’évolution des négociations.

Dans le même esprit, Gabriel Attal a exhorté ses collègues à s’abstenir lors d’une visioconférence. Néanmoins, certains, comme le député EPR Marc Ferracci, ont réaffirmé leur rejet de la suspension. En ce qui concerne l’Union des droites pour la République (UDR), aucune décision de vote n’a encore été prise, bien qu’un député ait confirmé qu’il est très probable qu’ils ne soutiennent pas la suspension.

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