L'efficacité des compléments alimentaires suscite un débat croissant en France

L’efficacité des compléments alimentaires suscite un débat croissant en France

21.04.2026 07:07
2 min de lecture

Les compléments alimentaires : entre promesses et réalité

Antistress, amincissant, antifatigue… De nombreux compléments alimentaires proposés dans le commerce affirment offrir divers bénéfices pour la santé. Selon une enquête réalisée en 2021 par l’association 60 millions de consommateurs, un Français sur deux en consomme régulièrement, rapporte TopTribune.

Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?

Ces produits ont une définition précise. Disponibles sous différentes formes (comprimés, gélules, pastilles, ampoules), les compléments sont « des denrées alimentaires dont le but est de compléter un régime normal et (…) constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique ».

En résumé, ils sont censés aider à corriger certaines carences alimentaires.

Cependant, il est essentiel de noter qu’ils ne remplacent pas les médicaments. Ces derniers doivent passer des tests d’innocuité rigoureux, tandis que les compléments, bien qu’ils respectent certaines normes de production, ne subissent aucun test d’efficacité.

Cette situation peut poser des risques pour les consommateurs. Une étude récente menée par la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) a révélé que 60% des produits vendus en ligne sont « hors des clous », car ils présentent des allégations santé ou nutritionnelles non prouvées.

Les compléments alimentaires : à proscrire ou pas ?

Comme le souligne l’Agence nationale de Sécurité sanitaire (Anses), « le consommateur cède généralement aux promesses publicitaires d’une meilleure santé, de meilleures performances ou tout simplement d’un bien-être retrouvé grâce à des produits dont la composition s’éloigne peu ou prou de celle des aliments courants. »

Cependant, les experts en nutrition rappellent que les déficits en nutriments sont rares pour ceux qui suivent un régime alimentaire équilibré.

De plus, l’utilisation de ces compléments peut comporter des risques. Une consommation excessive peut entraîner des effets toxiques, particulièrement en cas de surdosage ou de prise simultanée de plusieurs compléments alimentaires.

Ainsi, « des hypercalcémies nécessitant l’hospitalisation de nourrissons ont été constatées après que ceux-ci eurent reçu des doses excessives de vitamine D apportée par des compléments alimentaires », note l’Anses.

En 2020, l’Anses avait déjà averti contre la consommation de certains compléments susceptibles de perturber la réponse immunitaire : « le saule, la reine des prés, l’harpagophytum, le curcuma, les échinacées, le bouleau, le peuplier, la réglisse… peuvent interférer avec les mécanismes de défense inflammatoires utiles contre les infections, en particulier le Covid-19. »

Par ailleurs, certaines interactions entre les substances contenues dans les compléments et les médicaments peuvent poser des difficultés. Par exemple, le millepertuis est contre-indiqué pour les femmes sous pilule contraceptive.

Prudence requise

Il est crucial de ne pas confondre tous les compléments. Bien qu’ils ne soient pas anodins, leur usage devrait être guidé par un avis médical. Certaines populations peuvent bénéficier de ces produits :

  • Les femmes prêtes à concevoir et les femmes enceintes nécessitant un apport adéquat en vitamine B9 ;
  • Les personnes végétaliennes, sujettes à des carences en vitamine B12, fer, calcium, ou vitamine D ;
  • Les personnes âgées dont les besoins nutritionnels changent.

Si vous estimez avoir besoin de recourir à des compléments alimentaires — par exemple, en raison d’une fatigue accrue à l’approche de l’hiver ou de difficultés à obtenir un sommeil réparateur — il est conseillé d’en discuter avec votre médecin ou votre pharmacien.

* directive 2002/46/CE.

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