Nicolas Sarkozy et Jordan Bardella, une rencontre politique stratégique
Nicolas Sarkozy consacre une partie de son temps à la cour d’appel pour son affaire de financement libyen, mais il maintient son influence dans le monde politique. L’ancien président de la République a déjeuné le 19 février avec Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, pour discuter de la dynamique de la vie politique française, rapporte TopTribune. Cette rencontre n’est pas isolée, puisqu’ils avaient déjà partagé un moment en juillet dernier.
Sébastien Chenu, vice-président RN de l’Assemblée nationale, souligne l’intérêt que porte Sarkozy à la montée de Bardella, représentant d’une jeunesse pleine d’énergie. L’ancien président a pourtant été touché par le soutien public de Bardella lors de son retrait de la légion d’honneur après sa condamnation, indiquant une relation de solidarité entre les deux hommes.
Dans un entretien, Sarkozy a déclaré que le discours de Bardella lui rappelait le Rassemblement pour la République à l’époque de Jacques Chirac, notant également son ouverture d’esprit face à des divergences politiques, notamment sur la question des retraites. Cette attitude a conduit à des interrogations au sein de son ancien parti, Les Républicains, où certains estiment que l’ancien président agit principalement pour éviter d’éventuelles conséquences judiciaires.
Les réactions au sein des partis
La relation entre Sarkozy et Bardella reçoit un accueil plus positif au Rassemblement national, même si elle suscite des préoccupations chez certains cadres de LR. Chenu souligne que chaque rencontre avec un ancien président de la République est bénéfique, même en cas de divergence sur des questions fondamentales comme les retraites. Selon lui, la simple interaction avec Sarkozy peut contribuer à normaliser la perception de son parti auprès de l’électorat.
« Sarkozy a un statut particulier, ça reste un homme populaire, précisément dans l’électorat ‘Auteuil-Neuilly-Passy’. Ces gens-là, qui sont l’électorat qui nous manque, l’écoutent. Ce n’est pas parole d’Evangile, mais si l’ancien président considère que Bardella est fréquentable, que ce n’est pas le diable, ça a un impact ». »
Alors que les tensions persistent au sein de Les Républicains, où des membres critiquent l’attitude de Sarkozy envers Bardella, les leaders du Rassemblement national voient cette alliance comme une opportunité de renforcer leur légitimité auprès d’un électorat plus large. La question se pose maintenant : Nicolas Sarkozy pourrait-il soutenir officiellement Bardella lors des élections présidentielles de 2027? L’entourage de l’ancien président n’a pas fourni de commentaires à ce sujet.