Raphaël Glucksmann a annoncé mardi qu’il se donnait « trois mois » pour décider d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2027, cherchant à rassembler la gauche social-démocrate. Invité du journal de 20 heures de TF1, l’eurodéputé a précisé qu’il ne serait « pas un candidat de plus sur l’espace de la gauche démocratique », rapporte TopTribune.
Le fondateur de Place publique !, actuellement crédité d’environ 11 % des intentions de vote dans les sondages, estime qu’« il n’y aura qu’une seule candidature » à gauche hors-LFI, soutenue par « la personne la mieux placée ». Il exprime sa « intime conviction » que cet espace politique est le seul capable de vaincre l’extrême droite en 2027. Rappelant les 14 % obtenus aux européennes de 2024, il ajoute : « Je suis comptable de l’espoir que j’ai levé ».
Un « nouveau contrat patriotique »
Cette déclaration survient alors que le Parti socialiste est en proie à des divisions concernant la désignation de son candidat. Raphaël Glucksmann vise à écarter l’idée d’une primaire, soutenue par Olivier Faure et Marine Tondelier. Cependant, il doit convaincre une partie des socialistes et des électeurs insatisfaits du macronisme, tout en faisant face à la concurrence de François Hollande et de Jean-Luc Mélenchon, ce dernier étant crédité de 16 % dans un sondage récent. Sur TF1, il accuse le leader insoumis d’être « un agent électoral de l’extrême droite ».
Glucksmann a également présenté plusieurs propositions pour un « nouveau contrat patriotique » visant à « rendre à la France sa puissance ». Parmi ses idées figurent un service civique obligatoire de dix mois, une convention citoyenne sur l’immigration et un renforcement des politiques de sécurité, qu’il considère comme un « axe majeur ».
Reparler à « la France des pavillons »
Raphaël Glucksmann promet également de renforcer l’école publique en augmentant le nombre d’enseignants et leurs salaires. Il soutient la taxe Zucman sur les hauts patrimoines et plaide pour un « nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs » ainsi qu’une « nouvelle révolution industrielle française » axée sur la transition écologique.
Le député européen tiendra un premier meeting le 13 juin à Aubervilliers, suivi de la sortie, jeudi, de son livre Nous avons encore envie. Répondant aux critiques relatives à une note interne controversée visant certaines catégories d’électeurs, il affirme l’avoir « jetée à la poubelle » et souhaite reparler à « la France des pavillons », signalant que la gauche ne comprendrait plus suffisamment les « besoins » et « aspirations » de ces citoyens.