La charge mentale de la contraception : un fardeau principalement féminin
La charge mentale contraceptive englobe l’ensemble des modalités d’organisation liées à la contraception, depuis le choix de la méthode jusqu’à la prise de rendez-vous et l’acquisition du contraceptif, sans oublier le renouvellement des ordonnances et la surveillance des effets indésirables. Ce fardeau repose majoritairement sur les femmes, alors que la majorité des méthodes contraceptives utilisées sont à leur charge, rapporte TopTribune.
Selon Maëlis Scholtes, sexothérapeute à Roissy-en-Brie, il n’existe pas de pilule contraceptive masculine sur le marché à ce jour. Les options masculines restent limitées, principalement aux préservatifs et à la vasectomie, qui demeure peu courante en France. Cette dynamique est également influencée par des normes culturelles et sociales, où la contraception est perçue comme une responsabilité féminine liée à la prévention des grossesses non désirées.
Impact sur la vie de couple et la sexualité
Lorsque l’un des partenaires assume la majorité de cette responsabilité, des tensions peuvent apparaître. Maëlis Scholtes souligne : « On fait l’amour à deux, mais il n’y a que moi qui m’en occupe. » De plus, cette charge vient s’ajouter aux multiples responsabilités qui pèsent déjà souvent sur les femmes, entraînant fatigue, sentiment d’injustice ou ressentiment envers le partenaire.
La sexualité peut aussi en souffrir. Certaines méthodes contraceptives, comme la pilule hormonale, comportent des effets secondaires qui peuvent nuire à la vie sexuelle. Par ailleurs, l’angoisse de l’oubli de la contraception ou d’une grossesse non prévue peut également générer du stress et freiner la spontanéité.
Vers un partage équitable des responsabilités contraceptives
Pour remédier à cette situation, la première étape consiste en un dialogue ouvert et en une prise de décisions partagées. « L’idée, c’est de créer du lien, de décider ensemble, de faire ensemble », conseille la sexothérapeute. Le choix des méthodes contraceptives devrait ainsi faire l’objet d’une discussion bilatérale, prenant en compte les expériences et les ressentis de chacun.
Par exemple, lorsqu’une femme évoque que la pilule affecte sa libido, il est essentiel de ne pas minimiser ce ressenti. L’objectif doit être de trouver ensemble une solution appropriée. Enfin, selon la sexologue, cette réflexion pourrait contribuer à une évolution vers une égalité accrue au sein du couple. « Sensibiliser davantage les hommes à ces questions permettrait de faire de la contraception une responsabilité réellement partagée, plutôt qu’une préoccupation essentiellement féminine », conclut-elle.
