Prix des carburants : la baisse attendue reste limitée, prévient un expert en énergie

Prix des carburants : la baisse attendue reste limitée, prévient un expert en énergie

30.07.2026 08:46
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Les prix des carburants amorcent une légère baisse, mais restent élevés

À l’approche du grand week-end de chassé-croisé estival, les prix du gazole et du SP95 affichent une légère baisse, cependant, ils restent à des niveaux élevés, prévient Philippe Charlez, expert en énergie et membre du think tank Le Millénaire. Le gazole devrait redescendre autour de 2,10 euros le litre prochainement, contre 2,17 euros observés vendredi dernier. Pour le Sans-Plomb 95, le prix, initialement fixé à 2,02 euros, devrait atteindre 1,95 euro. Cette dynamique est liée à une variation des prix du baril de brut, qui est passé de 92 à 82 dollars, et les distributeurs répercutent cette diminution pour éviter d’être accusés d’en tirer profit, rapporte TopTribune.

La composition du prix du carburant est influencée par quatre composantes principales : le baril brut, le raffinage, la marge de distribution et les taxes d’État. D’après l’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières), la marge de distribution reste stable à environ 15 centimes par litre, tandis que les taxes représentent entre 95 et 97 centimes. Ce constat montre que les distributeurs ne profitent pas de la situation actuelle, les fluctuations de prix étant principalement causées par les coûts du brut et du raffinage.

Une question demeure : pourquoi le gazole reste-t-il si cher ? Actuellement, la marge de raffinage a atteint 41 centimes par litre, une augmentation significative par rapport à la moyenne habituelle de 15 à 20 centimes. Environ 40 % de l’augmentation des prix peut être attribuée au coût du brut, tandis que 60 % provient du coût des produits raffinés, amplifié par une pénurie en Europe. La fermeture de raffineries dans les années 2010 et l’embargo sur le pétrole russe ont contraint l’Europe à se tourner vers le Moyen-Orient et l’Inde, augmentant ainsi les frais de transport maritime. Les tensions stratégiques dans le détroit d’Hormuz continuent d’exercer une pression sur les tarifs du diesel.

Concernant les perspectives d’évolution des prix, avant la crise géopolitique, un baril se négociait sous les 60 dollars, et une normalisation au Moyen-Orient pourrait ramener ce prix entre 60 et 70 dollars, entraînant une baisse potentielle de 15 centimes par litre à la pompe. En outre, la réaction des consommateurs, avec une chute de 15 % de la consommation de carburant due à la hausse des prix en France, contribue également à stabiliser le marché et à influencer les prix futurs.

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