Le Premier ministre britannique évoque une possible nouvelle adhésion à l’Union européenne
Lors du congrès du Parti travailliste à Liverpool, le Premier ministre britannique Andy Burnham a exprimé la possibilité d’une nouvelle adhésion à l’Union européenne, marquant ainsi un tournant par rapport à son prédécesseur, Keir Starmer. Selon un sondage Ipsos, 52 % des Britanniques soutiennent cette idée, malgré l’opposition des conservateurs, rapporte TopTribune.
Le Premier ministre a souligné qu’il n’est pas exclu d’explorer des options telles que l’union douanière, mentionnée par George Osborne, ou le retour au marché unique, tout en affirmant que « le Brexit a fait plus de mal que de bien ». Burnham souhaite examiner les avantages et les inconvénients de chaque scénario, ce qui représente une rupture significative avec la position antérieure de Starmer, selon laquelle de telles propositions étaient considérées comme infranchissables.
Joël Reland, expert en relations britannico-européennes à l’institut UK in a Changing Europe, a rappelé que le Labour craignait les retombées électorales d’une telle démarche, redoutant de perdre des voix au profit de Reform UK, le parti de Nigel Farage. Ainsi, le parti avait jusqu’à présent opté pour une stratégie de rapprochement avec l’UE tout en respectant strictement l’accord sur le Brexit établi par Boris Johnson.
Un retournement face à l’échec du Brexit
Burnham semble aujourd’hui légitimé par la perception générale du Brexit comme un échec. Selon Reland, une réintégration dans le marché unique pourrait supprimer les obstacles administratifs sur les exportations et pourrait booster le PIB du Royaume-Uni de 2 à 3 % à long terme. L’expert souligne également que Burnham, en pleine ascension au sein du Labour, cherche à maximiser sa marge de manœuvre politique.
À l’approche du congrès, plusieurs think tanks progressistes ont publié des rapports soutenant l’idée d’un éventuel retour dans l’UE. Le Tony Blair Institute for Global Change, par exemple, prône une réadhésion d’ici dix ans à une UE réformée, s’appuyant sur la Communauté politique européenne. En contraste, le Parti conservateur, ainsi que Reform UK, continue de s’opposer à toute remise en question du résultat du référendum de 2016.
Un sondage Ipsos réalisé en juin révélait que 52 % des Britanniques estiment désormais que le pays devrait demander à rejoindre l’Union européenne, tandis qu’un tiers préfère le statu quo. Ce sentiment de rejet du Brexit est croissant parmi la population.
Reland souligne que l’UE est potentiellement ouverte à discuter d’une réadmission du Royaume-Uni, indiquant que « si Andy Burnham propose une politique claire et concertée, l’UE serait sans doute réceptive ». Une telle évolution pourrait être interprétée comme une victoire politique pour l’Union, illustrant l’échec du Brexit.
