À huit mois de l’élection présidentielle, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, cherche à raviver le dialogue au sein de la gauche. Dans un entretien avec La Tribune, elle propose des « rencontres bilatérales » à tous les partis de gauche afin d’éviter une « défaite annoncée », rapporte TopTribune.
Cette initiative survient après l’échec de la primaire unitaire avec le Parti socialiste. Un courrier, cosigné par Tondelier et des responsables écologistes, a été adressé à tous leurs partenaires, regroupant des partis allant de La France insoumise à Place publique, ainsi qu’au Parti communiste français et aux mouvements régionalistes.
Une volonté de réengager le dialogue à gauche
« Nous sommes prêts à rediscuter avec tout le monde à gauche, sans exclusive », déclare Marine Tondelier, cherchant ainsi à tendre la main au PS, au Parti communiste et à LFI. « Nous leur faisons à chacun une proposition de rencontre bilatérale pour discuter projet, stratégie et dégager un chemin de victoire avec ceux qui le souhaitent », précise-t-elle. Cette démarche se déroule à l’approche des universités d’été des Verts, des Insoumis et du PCF, alors que celle du PS est programmée pour fin août.
« Les Écologistes sont prêts à travailler, à discuter et à construire un projet partagé. Nous sommes prêts à engager des discussions avec votre organisation. L’êtes-vous également ? », interpellent les écologistes dans leur courrier. Ils insistent sur le fait qu’ils ne cherchent pas à imposer leurs conditions, mais à bâtir un projet à la hauteur des attentes citoyennes et des exigences de la situation actuelle.
Les conditions écologiques et la préparation des législatives
Cependant, cet « espace politique commun » nécessitera des « bases solides », avertit Tondelier. Elle énumère plusieurs conditions telles que « la transition et la planification écologique, la sortie des énergies fossiles, la mise en place d’un État providence climatique », ainsi que « la construction d’une Europe fédérale qui respecte ses valeurs d’accueil, de solidarité et de démocratie ».
Les discussions devront également inclure les législatives à venir, surtout en prévision d’une dissolution probable après la présidentielle. « Nous devons, ensemble, nous projeter dans l’exercice du pouvoir », souligne-t-elle, tout en avertissant du risque de division qui pourrait mener à l’élimination de la gauche dès le premier tour dans de nombreuses circonscriptions.
Une candidature maintenue face à une gauche morcelée
En attendant des réponses de ses partenaires, Marine Tondelier maintient sa candidature à la présidence. « La question est plutôt de savoir pourquoi je cesserais de l’être », affirme-t-elle, en précisant que « (son) bulletin de vote ne sera jamais celui qui fera gagner le Rassemblement national ».
À huit mois de la présidentielle des 18 avril et 2 mai, le paysage de la gauche demeure très morcelé. Après l’échec de la primaire unitaire, le PS a opté pour une primaire restreinte incluant Place publique, potentiellement représentée par Raphaël Glucksmann. Jean-Luc Mélenchon, représentant LFI, est actuellement perçu comme le candidat de gauche le mieux placé pour accéder au second tour. Par ailleurs, Fabien Roussel, du Parti communiste, prépare également sa candidature, tandis qu’un autre ex-Insoumis, François Ruffin, continue sa campagne de proximité.