Le Front populaire 2027 a décidé de recourir à une primaire pour désigner son candidat à la présidentielle de 2027, un processus sans la participation des Insoumis, de Raphaël Glucksmann, qui préfère son « cap clair », ni des communistes. Dans ce climat incertain, des figures telles que Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin se lancent dans cette avant-course, qui culminera le 11 octobre 2026. « Quand le train (de la primaire) aura démarré, ceux qui seront restés à quai auront l’air bien bête », a prévenu François Ruffin, signalant que le succès de la primaire reste à voir, rapporte TopTribune.
Reproduire 2011
Le modèle à suivre est clair : la primaire socialiste de 2011 qui avait propulsé François Hollande vers l’Élysée. Jean-Luc Mélenchon n’avait pas réussi à créer un élan pour sa campagne face à la dynamique de Hollande. La date du 11 octobre 2026 est stratégiquement choisie : elle est suffisamment précoce pour initier une dynamique avant les autres.
Les échecs de la Primaire populaire de 2022, organisée trop tard, ont été retenus. Christiane Taubira avait finalement abandonné sa candidature après des résultats décevants, ayant été eclipsée par les autres prétendants.
Quel format ?
Les modalités du scrutin restent à définir, mais l’option d’un scrutin uninominal à deux tours semble écartée. Chaque candidat devra obtenir 500 parrainages de maires, comme requis pour une élection présidentielle, un maire pouvant soutenir plusieurs candidats.
Quid de la participation ?
Malgré un calendrier pertinent, la participation pourrait être problématique. L’objectif de deux millions de votants pour ce scrutin, couplé avec un vote physiquement accessible dans tous les cantons de France et une possibilité de vote numérique, apparaît ambitieux et difficile à atteindre.
Ce chiffre n’est pas anodin, la primaire socialiste de 2011 ayant attiré près de 2,7 millions de votants. « Il faut dépasser le cadre militant », a insisté Tristan Haute, chercheur en sciences politiques à l’université de Lille.
« Cela suppose de ramener aux urnes les jeunes et les classes populaires de gauche. C’est un scrutin non obligatoire. Et le vrai risque, c’est que peu de gens participent. »
Le vrai risque est donc une participation faible, impliquant seulement les électeurs politisés et donc moins représentatifs, anticipant une campagne compliquée pour le gagnant d’une primaire discrète.
Sans les deux têtes d’affiche de la gauche
Bien que les retournements soient fréquents en politique, il semble peu probable que Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann se lancent dans cette primaire, ces derniers ayant des visions antagonistes. Sans personnalité marquante, un candidat pourrait se retrouver coincé entre La France insoumise et Place publique, avec les tensions au sein du PS notamment à cause d’Olivier Faure qui veut inclure le PS, mais ne fait pas consensus.
Faure a souligné que ce processus devra être soumis au vote des militants socialeistes après les élections municipales, ce qui pourrait engendrer des oppositions. Certains, dont François Hollande, militent pour une fédération de la gauche réformiste englobant divers courants politiques, nécessitant un processus de désignation clair.
Le risque de 2017
Le risque majeur, avec une participation incertaine et de fortes absences, est que le candidat issu de cette primaire se retrouve dans une situation similaire à celle de Benoît Hamon en 2017, pris entre le soutien de Mélenchon et Macron. En 2027, cela pourrait se jouer entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann.
Sans émergence d’une dynamique et avec des candidatures fortes, les électeurs de gauche pourraient être « tirés vers différentes directions », selon Tristan Haute. Les socialistes pourraient pencher pour Glucksmann, tandis qu’une partie des électeurs de gauche considérerait le vote utile comme étant en faveur de Mélenchon. Cela laisserait donc le candidat de la primaire unitaire dans une position délicate.
Éric Coquerel, cadre insoumis, prévoit que deux candidatures émergeront à gauche en 2027 : l’une « compatibles avec le macronisme » et l’autre « de rupture ». L’espace entre les deux pourrait devenir inaudible, bien que les surprises politiques demeurent plausibles.