La cheffe du Rassemblement national, Marine Le Pen, a été condamnée ce 7 juillet 2026 par la cour d’appel de Paris à une peine de trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour détournement de fonds publics. Malgré cette condamnation, elle clame son innocence et envisage de se pourvoir en cassation. « Je reste innocente jusqu’à preuve du contraire », a déclaré Le Pen, tandis que ses partisans insistent sur cette présomption d’innocence tant que le pourvoi n’est pas examiné, rapporte TopTribune.
Ses soutiens, comme le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, ont également affirmé que « Marine Le Pen est présumée innocente tant qu’elle se pourvoit en cassation », répétant le message d’innocence à l’approche des élections présidentielles où Le Pen pourrait être candidate.
Un statut de présomption d’innocence contesté
Malgré deux condamnations successives, Marine Le Pen reste dans une position de présumée innocente jusqu’à ce qu’une décision pénale devienne irrévocable. « Un pourvoi en cassation a un effet suspensif », déclare François Gilbert, avocat au Conseil d’État. Cela signifie qu’il faut attendre la décision de la Cour de cassation, qui examinera uniquement la légalité des procédures, et non les faits eux-mêmes.
Cependant, la décision de la cour d’appel a suspendu la fin de sa période d’inéligibilité. Ainsi, Le Pen devra purger une peine d’inéligibilité de cinq ans, à compter immédiatement de la prononciation du jugement, jusqu’à ce qu’une nouvelle décision soit prise sur le pourvoi.
Contradictions dans le discours politique
Le professeur de Sciences Po, Nicolas Hervieu, souligne que, bien qu’elle soit présumée innocente, il est aussi légitime de la qualifier de coupable au regard des verdicts. « La liberté d’expression protège ceux qui affirment qu’elle est coupable de détournement de fonds publics », affirme-t-il. Cette dualité fait naître un paradoxe juridique, favorisant à la fois l’idée de la culpabilité et celle de l’innocence.
Cette situation pourrait être résolue par la Cour de cassation, qui a annoncé qu’elle se prononcerait** au plus tard en avril 2027, juste avant les élections présidentielles, moment crucial pour Le Pen et le Rassemblement national.