Bruno Retailleau face à la désunion de la droite avant son meeting à Paris
Bruno Retailleau, candidat à l’élection présidentielle de 2027, se confronte à de nouveaux défis au sein de son parti, Les Républicains (LR), alors qu’il se prépare pour son premier grand meeting à Paris ce week-end. Malgré une élection triomphale en mai 2025, où il a remporté 74,3 % des voix contre Laurent Wauquiez, et un soutien valide de 73,8 % de ses militants en avril, la route du candidat vers l’Élysée semble semée d’embûches, rapporte TopTribune.
Retailleau fait face à la grogne croissante de certains membres influents de LR, que l’on appelle « piranhas » en privé, en référence à leur propension à se déchirer entre eux. À quelques jours de ce meeting crucial, il doit non seulement appeler à l’unité mais également démontrer la légitimité de sa candidature dans un environnement politique turbulent.
Des absences remarquées au sein du parti
« Mes troupes m’ont confirmé en avril comme leur candidat légitime à 74 %. Je ne me laisserai pas prendre en otage par quelques individus », a affirmé Retailleau lors d’une conférence de presse le 9 juin. Il insiste sur le fait que « ces individus ne m’empêcheront pas de creuser mon sillon ». Ce rassemblement, qui se déroulera au parc Floral, vise à renforcer son soutien au sein du camp, alors que Marc-Philippe Daubresse, un sénateur proche de Retailleau, souligne qu’il est essentiel de dérouler le programme tout en évitant les querelles personnelles.
Pour illustrer cette volonté d’unité, l’entourage de Retailleau se réjouit de la présence de figures importantes de la droite, comme Gérard Larcher, le président du Sénat, Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, et l’ancien Premier ministre Michel Barnier. Philippe Gosselin, député LR, ajoute : « Il y a une volonté de rassembler la famille, car on ne peut pas unir les Français sans d’abord unifier son propre camp. »
Cependant, des absences notables, comme celle de Laurent Wauquiez, qui espère toujours une primaire, soulignent des fractures internes au sein de LR. Des figures comme Xavier Bertrand, qui incarne une rivalité persistante, Samedi, l’événement pourrait obliger chacun à réfléchir aux enjeux en présence, selon Julien Aubert, vice-président de LR, qui considère que apenas Retailleau émerge comme le candidat de la droite.
Des doutes persistants sur la candidature de Retailleau
Malgré l’enthousiasme, des doutes persistent au sein même de ses supporters. Retailleau est crédité d’environ 9 % dans les sondages, et certains pensent qu’il lui faut du temps pour asseoir sa notoriété. « Avec le meeting du parc Floral, on espère un effet boost », concède Philippe Gosselin. D’ailleurs, des voix influentes plaident pour un candidat unique de la droite et du centre, ce qui nécessiterait des négociations avec des figures comme Gabriel Attal et Édouard Philippe, une perspective que Retailleau refuse catégoriquement, considérant cela comme une poursuite du macronisme.
Alors que le paysage politique se dessine, la pression augmente sur Retailleau. Des craintes sont exprimées concernant un potential duel entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella au second tour de l’élection, ce qui incite certains membres de LR à espérer que Retailleau pourra cristalliser le vote. « La dynamique doit se faire à l’automne. S’il reste en dessous de 10 %, un examen de conscience sera nécessaire », constate un député LR. Les « piranhas » de la droite, eux, seront certainement prêts à faire entendre leur voix.