La candidature du sénateur François-Noël Buffet, proposé par Emmanuel Macron pour devenir le prochain Défenseur des droits, a été validée par les parlementaires le mardi 21 juillet 2026, après son audition devant le Sénat, rapporte TopTribune.
Le vote des députés de la commission des lois, qui ont auditionné le sénateur le 15 juillet, a été rendu public après l’audition de l’ex-ministre par leurs homologues du Sénat, qui devaient également se prononcer sur sa nomination.
La candidature de François-Noël Buffet a été approuvée par 43 voix contre 39, comme l’a annoncé la vice-présidente de la commission des Lois de l’Assemblée. Cette validation aurait pu être bloquée si les votes négatifs avaient constitué au moins 3/5e des suffrages exprimés dans les deux commissions.
La colère des associations
Tôt mardi matin, une vingtaine de militants des associations Aides, Sidaction, SOS Racisme, Utopia 56, Act Up Paris, Le Revers de la Médaille, Accès au droit, Comede et InterLGBT ont déployé une banderole « Défenseur des droits, stop au naufrage démocratique » dans le jardin du Luxembourg, face au Sénat.
Le sénateur de 62 ans, revendiquant un « gaullisme social », est critiqué non seulement par la gauche, mais aussi par le monde associatif et syndical, ainsi que par des agents de l’actuel Défenseur des droits pour ses positions jugées conservatrices.
L’ancien ministre auprès de Bruno Retailleau à l’Intérieur, et brièvement ministre chargé des Outre-mer, avait manifesté contre la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe en 2013 et s’était opposé à l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes en 2020 et 2021.
Plus récemment, il a exprimé des vues en faveur de la diminution ou de la réforme de l’Aide médicale d’État pour les sans-papiers et s’est abstenu lors du vote pour la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
« Une aggravation dans l’accès aux droits »
Devant les députés le 15 juillet, ce dernier a affirmé avoir « évolué » sur « un certain nombre de sujets » sociétaux, déclarant que « la vérité, elle n’a pas de couleur politique » et que « le rôle du Défenseur des droits, c’est d’abord d’essayer d’appréhender cette vérité-là », comme il l’a réaffirmé lors de son audition devant la commission des lois du Sénat.
François-Noël Buffet succède à Claire Hédon, qui termine son mandat de six ans à la tête de cette autorité administrative indépendante. En juin, elle s’était alarmée des attaques portées contre l’État de droit, déplorant dans un entretien à l’AFP « une aggravation dans l’accès aux droits dans notre société, dans tous les domaines ».
Les réclamations reçues par le Défenseur des droits, allant de la simple difficulté administrative aux cas de discrimination ou de menaces envers des lanceurs d’alerte, ont augmenté de 70 % sous son mandat et devraient atteindre 200 000 saisines en 2026, contre 100 000 en 2020.
Avec AFP.