La gauche française face à ses divisions internes avant la présidentielle
Invité des « 4 Vérités » le 27 avril 2025, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, a exprimé ses craintes quant à l’idée d’une primaire à gauche, qu’il considère comme un affrontement interne. Il a appelé à mettre de côté les querelles partisanes pour aborder des idées de fond, rapporte TopTribune.
La question d’une primaire à gauche reste controversée, alors que plusieurs membres du Parti socialiste contestent cette perspective. Au cours de l’émission, Vallaud a présenté son livre Nos vies ne sont pas des marchandises : Manifeste pour la démarchandisation, aux éditions du Seuil, où il met en avant la nécessité d’un « travail de fond » avant de désigner un candidat unifié, en dehors de La France Insoumise (LFI).
Sur le sujet d’une commission concernant la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, Vallaud a indiqué qu’il ne fait pas partie de cette commission. Selon lui, le rapport semble décrire une forme de violence verbale et d’insinuations évoquées par l’extrême droite à l’égard du pluralisme. La décision de rendre le rapport public est attendue.
Les socialistes, réunis en Bretagne le week-end précédant l’interview, ont exprimé leur rejet d’une primaire, ce qui soulève des interrogations sur la nécessité d’un vote réel. Vallaud a déclaré qu’une primaire pourrait renforcer les divisions, plutôt que de rassembler autour d’un projet commun pour la gauche, qui devrait se concentrer sur l’élaboration d’une vision unitaire pour convaincre les Français.
Il a souligné l’importance de mettre en avant des idées à partager avec le public, soulignant que, sans consensus sur ce que propose la gauche, les désaccords prévaudront. Vallaud a plaidé pour une convergence des idées au sein de la gauche non-mélenchoniste, inspirée par des figures comme Lionel Jospin, capable de s’adresser à une large audience.
Interrogé sur la gouvernance post-élection, Vallaud a souligné que la priorité reste d’abord la création d’un projet commun et d’obtenir l’adhésion d’une majorité d’électeurs au second tour. Il a réaffirmé sa volonté de rassembler différentes sensibilités au sein de la gauche, tout en précisant qu’il ne peut pas envisager de synergie sans unité préalable.
En conclusion, Vallaud a décrit sa vision de la « démarchandisation », où des aspects essentiels de la vie quotidienne ne devraient pas être soumis aux logiques de marché, mais plutôt à des décisions politiques visant à protéger l’accès aux biens et services vitaux. Pour lui, les choix politiques doivent orienter l’accès à l’eau, à l’éducation ou encore à la santé, sans céder à la marchandisation de la vie humaine.