Plainte pour discrimination contre Thierry Mariani sur la "priorité nationale" en logement social à Paris

Plainte pour discrimination contre Thierry Mariani sur la « priorité nationale » en logement social à Paris

30.01.2026 06:36
2 min de lecture

Plainte pour discrimination contre Thierry Mariani, candidat du Rassemblement national à Paris

Une plainte pour incitation à la discrimination a été déposée contre Thierry Mariani, candidat du Rassemblement national aux municipales à Paris. L’association anti-raciste Maison des potes conteste la légalité de la « priorité nationale » proposée pour l’accès au logement social, rapporte TopTribune.

La « priorité nationale » en matière de logement social soulève des interrogations juridiques à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. L’association antiraciste a porté plainte contre Mariani et deux de ses associés pour provocation à la discrimination et diffamation envers les étrangers.

Les promesses électorales de Mariani, exprimées depuis sa candidature le 12 décembre, ont été décrites par l’association comme une violation des lois en vigueur. Sur son site officiel de campagne, le programme Solidarité et Social inclut un engagement à « instaurer la priorité nationale dans l’accès au logement social et y favoriser les familles et les travailleurs ». Des déclarations sur les réseaux sociaux, y compris un post du 12 janvier, font également écho à ce thème de la « préférence étrangère. »

La Maison des potes soutient que cette promesse viole la loi, comme l’indique la plainte à la procureur de la République de Paris, en rappelant que Mariani, ex-ministre du Logement, est bien conscient que traiter les citoyens français avec un avantage par rapport aux étrangers en situation régulière est illégal.

En inscrivant une telle discrimination dans son programme, Mariani incite à des pratiques contraires à l’égalité devant le service public, argue l’association.

En réponse, Thierry Mariani a rejeté les accusations, affirmant que « la priorité nationale en matière de logements sociaux aux Parisiens entrera en vigueur lorsque la loi le permettra ». Il a également révélé qu’un référendum serait organisé si le Rassemblement national remportait la présidentielle, balayant ainsi les inquiétudes quant à la légalité de sa proposition.

Le Rassemblement national a déjà fait face à des poursuites judiciaires pour des concepts similaires. En septembre 2024, des figures du parti avaient été acquittées après avoir été accusées de provocation à la discrimination en relation avec un guide électoral. Bien que le tribunal n’ait pas pris position sur le fond, les accusations persistent.

D’après Jérôme Karsenti, avocat de la Maison des Potes, Mariani invite à appliquer un programme prohibé par la loi dans un contexte immédiat. Cette situation soulève des inquiétudes pour les prochaines élections municipales, où des promesses similaires pourraient entraîner de nouvelles plaintes.

Des experts, comme François Benchendikh de Sciences Po Lille, estiment que la mise en place de la priorité nationale dans l’attribution des logements sociaux est juridiquement impossible sans modifications fondamentales de la législation française et européenne. Il souligne que cela nécessiterait des changements législatifs vastes et que la France pourrait faire face à des sanctions au niveau européen.

En conclusion, alors que la campagne électorale bat son plein, les enjeux de légalité et d’éthique concernant la « priorité nationale » dans le logement social posent des défis juridiques et politiques significatifs. La situation illustre la complexité du débat sur la gestion des politiques de logement en France.

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