Depuis fin 2025, les supermarchés en France se retrouvent en plein cœur d’une crise d’approvisionnement en œufs, avec des étagères souvent désertes. Cette pénurie résulte d’une confluence de facteurs, tels que des conditions climatiques défavorables et des contraintes réglementaires sur l’élevage, qui compliquent la situation du marché. Pour faire face à cette crise, les petits producteurs locaux ont été mobilisés et jouent désormais un rôle crucial dans la stabilisation de l’offre, rapporte TopTribune.
D’où vient la crise
Depuis 2023, la consommation nationale d’œufs a considérablement augmenté, avec une hausse de 300 millions d’œufs chaque année. La consommation moyenne par habitant a atteint 240 œufs en 2025, contre 226 en 2024. Cet attrait pour un aliment à la fois nutritif et économique met en lumière le déséquilibre croissant entre une demande en plein essor et des capacités de production limitées. En 2025, la situation s’est aggravée, affichant un taux de rupture de stock atteignant 13,3 %, bien au-delà du taux habituel de 2 %.
Christophe Vié, directeur d’un supermarché à Tarnos, a déclaré dans un reportage de TF1 que sans l’approvisionnement local, « certains jours, [nous serions] entièrement vides ». Dans son supermarché, plus d’un tiers des œufs proviennent désormais de producteurs locaux, bien que cela entraîne des coûts d’achat plus élevés.
Production et réglementation : ce qui coince
En 2024, la production nationale d’œufs a atteint 15,4 milliards. Pour répondre à la hausse de la demande, une augmentation d’un million de poules par an serait nécessaire. Les acteurs de l’industrie ovicole prévoient la construction de 300 nouveaux poulaillers d’ici 2030, avec un objectif de 90 % de poules pondeuses élevées de manière alternative à la cage.
Cependant, cette transition fait face à des règlements en vigueur. La loi Egalim de 2018 et son décret de 2021 prohibent la construction ou l’aménagement de nouveaux bâtiments pour les poules en cage. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, met en avant la complexité du cadre réglementaire, qui « complique la vie des agriculteurs ». À cette problématique s’ajoutent des facteurs comme la grippe aviaire et des aléas météorologiques, tels que les récentes chutes de neige, qui ont encore perturbé la chaîne d’approvisionnement.
Les petits producteurs à la rescousse (exemples locaux)
Dans les Landes, on observe comment les producteurs locaux parviennent à atténuer la pénurie. À Leuy, un poulailler bio dirigé par Ingrid Rignault produit 8 000 œufs quotidiennement pour satisfaire la demande. Rignault, ayant dû rapidement recruter une aide à temps partiel, déclare : « Pour l’instant, nous avons des œufs, nous arrivons à pallier. Les commandes ne cessent d’augmenter. »
Les cas de Tarnos et de Leuy illustrent une tendance nationale : la demande locale a grimpé de 15 % en un an. Cela a nécessité des ajustements rapides ainsi que des extensions d’exploitation pour satisfaire l’augmentation des commandes des supermarchés.