Nouveau mois de fermeture de la pêche en 2027 dans le golfe de Gascogne pour protéger les dauphins

Nouveau mois de fermeture de la pêche en 2027 dans le golfe de Gascogne pour protéger les dauphins

19.06.2026 11:06
2 min de lecture

Pour la quatrième année consécutive, l’interdiction de la pêche est prolongée dans le Golfe de Gascogne jusqu’en 2027. La ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a annoncé jeudi à Cherbourg un nouveau mois sans pêche afin de protéger les dauphins des captures accidentelles, rapporte TopTribune.

Cette annonce, redoutée mais attendue, est le résultat de discussions parfois tendues au cours des derniers mois et a été accueillie en silence par les pêcheurs réunis à Cherbourg pour leurs assises annuelles.

Quatre semaines cet hiver

La mesure de fermeture sera appliquée dans une zone allant de la pointe du Finistère à la côte basque, pour une durée de quatre semaines en hiver, bien que les pêcheurs puissent désormais choisir leur période d’inactivité dans une fenêtre élargie de six semaines, entre le 15 janvier et le 27 février.

Catherine Chabaud a salué les efforts déjà réalisés par les pêcheurs afin de réduire les prises accidentelles, mentionnant que 115 navires sont désormais équipés de caméras. Cependant, elle a reconnu que « les conditions n’étaient pas réunies pour ouvrir le golfe l’année prochaine ». Le comité national des pêches avait proposé une période de fermeture plus large de trois mois (du 1er janvier au 31 mars) afin de permettre aux entreprises de s’organiser, mais a salué l’évolution des modalités de fermeture dans un communiqué.

Toutefois, l’amertume est palpable parmi les pêcheurs présents à la Cité de la mer. Serge Larzabal, président du comité régional des pêches de Nouvelle-Aquitaine, a déclaré : « Celui qui est le plus en danger, c’est un mammifère d’exception, le marin-pêcheur », se plaignant que ce dispositif pénalise également les criées. Près de 300 bateaux de plus de 8 mètres seront concernés par cette mesure et bénéficieront d’une indemnisation gouvernementale correspondant à 80 % de leur chiffre d’affaires, comme les années précédentes.

Les captures accidentelles réduites de 60%

Cette fermeture du golfe a permis de réduire de 60 % les captures accidentelles durant l’hiver 2024/2025, selon l’observatoire Pelagis, rattaché au CNRS et à l’Université de La Rochelle. Ainsi, 1 900 dauphins communs ont été signalés morts, contre 4 700 en moyenne par hiver entre 2017 et 2023.

Le CIEM, un organisme scientifique international, estime que le niveau soutenable pour l’espèce dans l’unité de gestion de l’Atlantique du Nord-Est, une zone plus vaste que le Golfe de Gascogne, est de 4 900 morts par an au maximum.

La ministre a également souligné que le renouvellement et la modernisation de la flotte est une priorité. Elle a déclaré qu’elle porterait à Bruxelles une demande de « simplification et de facilitation des financements » pour l’acquisition ou la construction de nouveaux navires, sans attendre la révision de la politique commune des pêches européenne, en collaboration avec le comité des pêches.

Interdire les navires de plus de 25 mètres ?

La question du partage de l’espace maritime est particulièrement aigüe sur toute la façade de la Manche, confrontée à des besoins croissants en matière de pêche, de chantiers éoliens, de zones marines protégées et de transports. Les professionnels normands, défenseurs de la pêche artisanale « non délocalisable », demandent l’interdiction pour les navires de plus de 25 mètres d’opérer dans la bande côtière française des 12 milles nautiques. Ces grands navires génèrent la majorité de leur chiffre d’affaires au-delà de cette limite.

Catherine Chabaud a reconnu que « la Manche-Est constitue un véritable défi pour la cohabitation » et a annoncé le lancement d’une « mission de concertation » visant potentiellement à exclure ces navires de plus de 25 mètres dans cette zone, après consultation des États membres concernés. Le président du comité régional normand, Dimitri Rogoff, a critiqué ce qu’il appelle un « pillage systématique » des ressources par de grands armements, notamment néerlandais, opérant en Manche-Est, qualifiant cela de « non-annonce » inacceptable pour la communauté des pêcheurs.

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