Les enquêteurs relient un drone de Leipzig à une campagne de sabotage russe
Les enquêteurs relient un drone de Leipzig à une campagne de sabotage russe

Les enquêteurs relient un drone de Leipzig à une campagne de sabotage russe

13.08.2026 20:45
4 min de lecture

Des traces d’ADN découvertes sur un drone chargé d’explosifs retrouvé le 5 août 2026 à l’aéroport de Leipzig correspondent à du matériel génétique identifié lors de l’enquête sur l’explosion et l’incendie d’un entrepôt de DHL dans le même aéroport, en juillet 2024. Les éléments examinés par les enquêteurs et rapportés par plusieurs médias rapprochent ces deux affaires d’une campagne de sabotage russe en Europe, rapporte TopTribune.

Le drone découvert à Leipzig n’a pas atteint sa cible, selon les informations disponibles dans le dossier présenté par les médias. Sa présence dans l’enceinte d’un aéroport dédié au fret a toutefois conduit les services chargés de l’enquête à rechercher d’éventuels liens avec des opérations précédentes visant des infrastructures logistiques et postales.

Une correspondance génétique entre deux affaires

La trace ADN relevée sur l’appareil retrouvé le 5 août aurait été comparée à des éléments collectés lors de l’enquête ouverte après l’explosion et l’incendie survenus dans des installations de DHL à Leipzig en juillet 2024. Les deux profils génétiques seraient identiques, selon les nouvelles données publiées le 11 août 2026.

Cette correspondance ne constitue pas, à elle seule, le récit complet des opérations. Elle fournit cependant aux enquêteurs un élément commun entre une tentative impliquant un drone et une série d’attaques contre des colis. La trace retrouvée à l’aéroport figurerait déjà dans une base de données européenne et serait également associée à une procédure judiciaire en Lituanie.

Dans ce pays, un procès est en cours contre des personnes soupçonnées de terrorisme et de sabotage au profit d’une puissance étrangère. Le dossier lituanien est présenté comme l’un des points de jonction entre les investigations menées dans plusieurs pays européens.

Le rôle attribué au renseignement militaire russe

Le parquet lituanien et Eurojust estiment que les explosions de colis intervenues en 2024 ont été organisées par le renseignement militaire russe, la direction générale de l’état-major des forces armées russes, connue sous le sigle GRU. Selon cette hypothèse judiciaire, des engins explosifs artisanaux auraient été expédiés par l’intermédiaire du réseau DHL vers l’Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni.

Les éléments évoqués dans l’enquête portent donc sur plusieurs territoires et sur des modes opératoires distincts : des colis piégés dans le cadre des faits de 2024, puis un drone chargé d’explosifs découvert dans un aéroport allemand. La présence d’un même profil ADN est utilisée par les enquêteurs pour examiner la possibilité d’un lien entre ces dossiers.

Le dossier ne permet pas, à ce stade, de détailler publiquement l’identité de la personne à laquelle appartiendrait cette trace, ni les conditions exactes dans lesquelles elle aurait été déposée sur le drone. Les informations rapportées portent sur la correspondance génétique et sur son association avec une procédure déjà enregistrée dans une base européenne.

Un aéroport de fret au centre de l’enquête

L’aéroport de Leipzig est une plateforme consacrée au transport de marchandises. La découverte d’un drone explosif dans un aéroport allemand a placé la sécurité des installations de fret au centre des investigations. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer comment l’appareil a pu être retrouvé sur le site, quelle zone il visait et si son utilisation devait provoquer une explosion ou une interruption du trafic.

Le choix d’une infrastructure de transport est également examiné sous l’angle des risques pesant sur les chaînes logistiques. Un aéroport de fret concentre des activités de tri, de stockage et d’acheminement de marchandises. Dans le cas de Leipzig, les informations publiées ne précisent pas l’ampleur des dommages qui auraient pu être causés si le drone avait fonctionné, ni si une perturbation effective des opérations a été enregistrée.

Les faits rapportés établissent en revanche que l’appareil a été découvert avant qu’une attaque ne se produise. L’enquête doit encore préciser les circonstances de son dépôt et les connexions éventuelles avec les dossiers ouverts en Allemagne, en Pologne, au Royaume-Uni et en Lituanie.

Les services américains attribuent aussi l’opération à Moscou

Les services de renseignement américains relient eux aussi la tentative avortée de Leipzig à la Russie. Cette appréciation rejoint l’orientation retenue par les autorités judiciaires lituaniennes et par Eurojust concernant les explosions de colis de 2024, sans que les informations disponibles ne détaillent les éléments précis sur lesquels repose l’évaluation américaine.

Le rapprochement entre les deux affaires repose ainsi sur plusieurs niveaux d’information : la correspondance entre les traces ADN, l’existence d’un lien avec une procédure en Lituanie, les conclusions communiquées par le parquet lituanien et Eurojust, ainsi que l’attribution formulée par le renseignement américain.

Le démenti de l’ambassade russe

L’ambassade de Russie à Berlin a rejeté les accusations. Dans sa réaction, elle a qualifié les soupçons visant la Russie de « provocation » et d’« hystérie antirusse ». Cette position contredit l’attribution avancée par les services américains ainsi que l’hypothèse retenue par les autorités judiciaires lituaniennes et Eurojust.

Les investigations se poursuivent autour du drone retrouvé à Leipzig, de la trace génétique identifiée sur l’appareil et de ses éventuels liens avec les actes visant des envois DHL en 2024. La procédure lituanienne reste, elle aussi, en cours devant la justice.

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