Municipales 2026 : le RN, plus à l’aise pour critiquer que pour proposer des solutions

Municipales 2026 : le RN, plus à l’aise pour critiquer que pour proposer des solutions

01.03.2026 14:46
2 min de lecture

Le Rassemblement national se positionne en vue des municipales de mars 2026

Alors que l’extrême droite française s’affiche de plus en plus ouvertement, le Rassemblement national (RN) se prépare à tirer parti des élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026 pour solidifier sa présence à l’échelon local. Gilles Ivaldi, chercheur au CNRS et spécialiste de l’extrême droite, souligne que cet enjeu représente le « talon d’Achille » du RN, qui espère augmenter son influence dans le paysage politique, rapporte TopTribune.

Selon Ivaldi, la stratégie du RN cible principalement les villes moyennes, là où le parti a historiquement enregistré des résultats meilleurs que dans les grandes métropoles. Il déclare : « Dans tous les scrutins, le RN a fait des scores beaucoup plus élevés dans les villes moyennes. » Cette situation est perçue par les dirigeants comme une occasion de maximiser leurs chances de succès électoral.

Le RN espère également conquérir des villes majeures comme Perpignan, Toulon et Marseille. Ivaldi précise que la victoire dans ces grandes villes serait essentielle pour renforcer la dynamique électorale en vue de la présidentielle de 2027. « Conserver Perpignan devrait être réalisable. Toulon pourrait être remportée grâce aux divisions à droite, mais Marseille et Nice restent des challenges significatifs », explique-t-il.

Les dirigeants du RN, comme Jordan Bardella, affirment rechercher la qualité plutôt que la quantité dans leurs victoires électorales. Cependant, Ivaldi note que le nombre de villes remportées jouera un rôle critique : « S’ils remportent une vingtaine de villes, ce ne sera pas une avancée majeure. Mais dépasser la trentaine enverrait un message puissant selon lequel le RN est un parti de gouvernement, en route vers la présidentielle. »

Malgré la montée des scores électoraux du RN depuis 2017, la présence municipale du parti reste régulièrement critiquée. Ivaldi rappelle que « historiquement, le terrain local a toujours été très difficile pour le RN », soulignant l’absence d’un ancrage territorial fort indispensable pour la présidentielle.

La professionnalisation du RN pourrait être facilitée par l’élection de responsables municipaux, des figures qui seront cruciales dans la conquête du pouvoir. Cela pourrait être d’autant plus nécessaire après l’échec de leur plan lors des législatives de 2024. « Avoir des élus locaux, c’est se doter de canaux nécessaires à l’exercice du pouvoir », note Ivaldi.

En parallèle, le RN fait face à des défis internes, notamment les militants aux idées extrêmes, que Bardella qualifie de « brebis galeuses ». Ivaldi fait état de la nécessité pour le parti de se débarrasser de ces éléments pour devenir un acteur politique respectable, tout en consolidant son réseau de dirigeants compétents.

Le RN espère aussi s’implanter au Sénat et bénéficier d’une plus grande légitimité par le biais d’alliance avec la droite au niveau local, tout en luttant pour obtenir ses 500 parrainages pour la présidentielle. Ces alliances sont cruciales pour disloquer la droite et faciliter la gouvernance future du RN.

Dans un contexte de gestion municipale mitigée, Ivaldi ajoute que le RN mise sur une campagne axée sur la sécurité, en renforçant la présence policière et en installant des caméras de surveillance, plutôt que de se concentrer sur son bilan local peu reluisant. « Le RN, étant un parti d’opposition, excelle dans la critique et la stigmatisation de ses adversaires », conclut-il.

La stratégie de dédiabolisation du RN pourrait également être renforcée par des événements récents, permettant au parti de se distancier des violences associées à d’autres mouvements. Cependant, l’impact réel de ces actions sur le scrutin demeure incertain.

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