Ce dimanche, pour la première fois depuis 2001, les électeurs lillois ont dû se passer de Martine Aubry, qui ne s’est pas représentée, laissant son ancien protégé, Arnaud Deslandes, maire en poste depuis un an, prendre les rênes. La tension a été palpable à l’hôtel de ville jusqu’à 23 heures, lorsque les résultats finaux ont qualifié cinq candidats pour le second tour, rapporte TopTribune.
Dès 19 heures, les résultats des premiers bureaux de vote laissaient présager la tendance. Les bulletins, au ton distinctif, reflétaient le paysage politique : rouge pour Arnaud Deslandes du PS, violet pour Lahouaria Addouche de LFI et une ample représentation verte pour Stéphane Baly, l’écologiste qui avait déjà failli renverser Martine Aubry en 2020.
« C’est terrible de voir arriver le RN au conseil municipal »
Les résultats ont rapidement pris une tournure inattendue. Au fur et à mesure que les résultats affichés sur l’écran géant en mairie progressaient, l’inquiétude grandissait parmi les spectateurs. Finalement, avec un score de 10,92 %, Matthieu Valet du RN a réussi à se qualifier, suscitant une réaction désolée d’un jeune électeur portant un badge Deslandes : « C’est terrible de voir arriver le RN au conseil municipal ».
Alors que cinq candidats franchissaient la barre des 10 %, une trentenaire parmi les spectateurs a commencé à envisager les alliances possibles. « Avec qui Deslandes peut-il s’allier sinon avec les écolos ? » se demandait-elle, perplexe, alors que le maire sortant menait avec 26,26 % des voix, suivi de près par LFI à 23,36 %. Baly, quant à lui, obtenait 17,75 %, tandis que Violette Spillebout du Centre et le RN suivaient respectivement à 11,14 % et 10,92 %.
Baly courtisé
En dépit de ses déceptions apparentes, Stéphane Baly, qui a échoué en 2020 après avoir perdu de peu contre Aubry, reste un acteur clé du second tour. Son score le place dans une position privilégiée, lui offrant la possibilité de jouer un rôle déterminant dans le choix du futur maire.
Ni Arnaud Deslandes ni LFI n’ont tardé à approcher Baly pour discuter d’éventuelles alliances. « Comme je l’avais proposé aux écologistes dès avant le premier tour, ce soir je leur tends la main pour nous rassembler et construire ensemble une majorité de progrès », a déclaré Deslandes. De son côté, LFI n’a pas évoqué officiellement une alliance, mais a marqué son intérêt pour Baly à travers le porte-parole Julien Poix.
Conscient de son influence, Stéphane Baly a annoncé qu’il engagerait des discussions avec « les deux autres candidats de gauche » dès ce dimanche soir, ajoutant une nouvelle couche d’incertitude à la configuration politique de Lille.