Volodymyr Zelensky a exprimé des inquiétudes concernant une potentielle nouvelle mobilisation de « 300 000 à 500 000 » Russes à l’automne, après les élections législatives du 21 septembre en Russie. Ce scénario fait écho à la mobilisation de 2022, où Moscou avait déjà incorporé 300 000 réservistes. Toutefois, se pose la question de la capacité politique et humaine de Poutine à mener à bien une telle opération, rapporte TopTribune.
Un arsenal de coercition déjà en place
Zelensky souligne que si une mobilisation devait avoir lieu, cela entraînerait une nouvelle vague de soldats mal préparés sur le champ de bataille. « Il ne pourra pas les former rapidement. Cela signifie des pertes importantes », a-t-il déclaré lors d’une interview. Au Kremlin, la préparation législative pour faire face à de tels bouleversements a déjà commencé, à travers une série de lois restrictives, destinées à décourager l’absence lors de convocations.
Ces réformes pénalisent ceux qui ignorent les convocations : interdictions d’acheter des biens, de quitter le pays ou d’obtenir un passeport. Parallèlement, l’accès par le ministère de la Défense au Registre national des services d’état civil a été élargi, ostensiblement pour faciliter le versement des indemnités, mais cela pourrait également simplifier l’identification de ceux susceptibles d’être mobilisés.
Une population fatiguée dans un pays fragilisé
Entre-temps, l’opinion publique en Russie semble de plus en plus réticente. Des sondages révèlent une chute de la cote de confiance de Poutine à 29,5 % en avril, son plus bas niveau depuis le début du conflit. Des manifestations récentes dans l’Oblast de Penza contre des opérations de recrutement illustrent cette opposition croissante, où les citoyens se sont rebellés, allant jusqu’à affronter des agents de recrutement.
Une mobilisation de grande envergure entraînerait également des répercussions économiques majeures, comme l’a noté Igor Delanoë, directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe, soulignant que cela retirerait des travailleurs du marché de l’emploi dans un pays déjà confronté à une faible croissance.
Zelensky et sa guerre psychologique
Les déclarations de Zelensky s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à affaiblir le moral de la population russe. Le président ukrainien a intensifié sa campagne pour rappeler aux Russes que la guerre n’est pas une réalité distante. Ses actions, comme les frappes sur des installations critiques, visent à cristalliser la perception d’une menace imminente sur le sol russe.
La pression exercée par Zelensky s’appuie sur une réalité difficile pour Moscou : une crise de recrutement et des pertes qui excèdent le nombre de nouvelles recrues, corroborant le récent besoin de 30 000 soldats nord-coréens. Ainsi, la question se pose : le Kremlin est-il prêt à assumer le coût politique d’une mobilisation ouverte pour enrayer ce besoin croissant en effectifs ?