Depuis le 16 juillet, Alès (Gard) est marquée par des menaces de mort adressées à Christophe Rivenq, maire Les Républicains (LR) de la ville, par des individus se réclamant du groupe criminel DZ Mafia, en réponse à son engagement contre le trafic de drogue, rapporte TopTribune.
Des inscriptions injurieuses signées « DZ NG » (DZ Nouvelle Génération) ont été découvertes sur le mur du domicile de Rivenq. De plus, son épouse a trouvé deux balles de calibre 9 mm dans leur boîte aux lettres, accompagnées d’une lettre mentionnant la « DZ NG CVN La direction », référence au groupe criminel marseillais implanté dans le quartier des Cévennes.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a contacté Rivenq dès jeudi soir et a ordonné l’envoi urgent de renforts policiers. Toutefois, le maire a décliné la protection rapprochée proposée, affirmant : « Il n’est pas question pour moi de céder à ces pressions, et nous allons poursuivre nos actions avec le parquet », a-t-il déclaré au Monde.
Une enquête a été ouverte
Une enquête pour « menaces de mort et intimidation » a été ouverte. Le procureur d’Alès, Abdelkrim Grini, a assuré que « tous les moyens sont mis en place pour faire avancer l’enquête », tout en précisant qu’à ce stade, rien ne prouvait que les menaces provenaient effectivement de la DZ Mafia.
Si cela se confirme, ce serait la seconde fois que la DZ Mafia menace une personnalité politique. En novembre 2025, le groupe avait fait assassiner le frère de l’élu marseillais et militant antidrogue Amine Kessaci.
La DZ Mafia, au fonctionnement flou, est impliquée dans la gestion de points de deal et dans des actes d’intimidation ou de violence. Originant de Marseille, l’organisation s’est répandue dans plusieurs régions françaises, notamment dans le quart sud-est. Actuellement, la plupart de ses leaders présumés sont incarcérés dans des établissements dédiés à la lutte contre la criminalité organisée.
Une véritable guerre contre le narcotrafic
À Alès, les violences liées au narcotrafic ont augmenté ces derniers mois, alors que le groupe cherche à s’emparer de points de deal stratégiques. Le 3 juin dernier, un homme a été tué par balle dans le quartier des Prés-Saint-Jean, et au moins deux autres meurtres liés au trafic ont eu lieu en octobre 2025 et en janvier dernier. Pendant cette période, plusieurs fusillades ont également été enregistrées dans la commune.
Cette situation incite les autorités à intensifier leur lutte contre le trafic de drogue. Selon le préfet du Gard, Jérôme Bonet, cela a contribué à « augmenter de 70 % le nombre des interpellations liées au trafic de drogue par rapport à 2025 ». Il a évoqué un véritable « harcèlement » des forces de l’ordre autour des points de deal d’Alès.
Le prédécesseur de Rivenq, Max Roustan (LR), avait également subi des menaces durant son mandat. En 2016, des couvertures imbibées d’essence avaient été déposées sur la façade de son domicile et ses voitures.