Mauvaise nouvelle pour les patients : l'Assurance maladie prévoit une réduction des remboursements pour les séances de kinésithérapie.

Mauvaise nouvelle pour les patients : l’Assurance maladie prévoit une réduction des remboursements pour les séances de kinésithérapie.

18.08.2026 07:36
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L’Assurance maladie envisage d’adapter le système de remboursement des séances de kinésithérapie, avec une possible mise en œuvre dès 2027. Cette initiative est incluse dans le rapport annuel de l’organisation, intitulé « charges et produits », qui aborde les propositions budgétaires. Toutefois, il est précisé que ces idées ne sont pour le moment que des pistes, sans décision ferme prise à cet égard, rapporte TopTribune.

Les enjeux financiers sont considérables. En 2025, les remboursements liés aux soins de kinésithérapie ont atteint la somme impressionnante de 5,3 milliards d’euros, représentant une augmentation annuelle de 4 % au cours de la dernière décennie, tandis que d’autres secteurs de soins n’ont connu qu’une augmentation annuelle de 3,2 %.

Les raisons évoquées incluent le vieillissement de la population et une augmentation des maladies chroniques. Les experts du secteur de la santé et les syndicats professionnels s’accordent sur ces constatations. L’Assurance maladie, cependant, souligne dans son rapport que « plus de la moitié de l’augmentation est liée à des changements dans les pratiques : un recours accru aux soins ainsi qu’une intensification des traitements ».

Cependant, les professionnels de la kinésithérapie réfutent cette accusation de surconsommation, arguant que leurs propres rémunérations n’ont connu qu’une progression de 0,6 % durant la même période.

En plus des coûts, l’Assurance maladie se penche également sur la distribution des kinésithérapeutes à travers le pays. En 2025, la profession comptait 84 500 praticiens, ce qui représente une croissance de 37 % en dix ans. Néanmoins, cette hausse masque d’importantes disparités régionales, puisque 30 % de la population française réside dans des zones où l’accès aux kinésithérapeutes est limité.

Par exemple, la Seine-Saint-Denis dispose de seulement 47 kinésithérapeutes pour 100 000 habitants, tandis que les Hautes-Alpes en comptent 269. Pour remédier à cette situation, l’Assurance maladie envisage d’imposer aux nouveaux diplômés de s’installer dans des zones médicalement sous-dotées, que ce soit dans des hôpitaux ou des Ehpad, dès 2027.

Concernant le remboursement, plusieurs alternatives sont actuellement à l’étude. Le modèle en vigueur, « une séance effectuée, une séance remboursée », pourrait être remplacé par un système qui limiterait le nombre de séances prises en charge pour certaines pathologies, avec des tarifs qui évolueraient en fonction de l’état de santé et un paiement forfaitaire pour certains soins spécifiques.

Les professionnels dénoncent une régulation « punitive »

Vincent Daël, délégué général de la Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs, critique particulièrement l’idée de plafonner le nombre de séances par pathologie sous la forme d’un forfait global. Dans une interview accordée à L’Humanité, il qualifie cette régulation d’arbitraire et souligne qu’elle pourrait être perçue comme punitive. Selon lui, sur le terrain, les professionnels personnalisent les soins en fonction des besoins de chaque patient.

Arnaud Barbier, vice-président de la Fédération des syndicats de kinésithérapeutes, ajoute : « C’est à nous de répondre aux besoins de la population en matière de pathologies, notamment pour les nouvelles pathologies lourdes qui émergent. »

Pour la Sécurité sociale, le système actuel se trouve dans une situation désavantageuse : il entraîne des dépenses croissantes pour elle, crée un accès inégal aux kinésithérapeutes pour les patients et pénalise les professionnels dont les revenus stagnent. Il est important de noter que rien n’a encore été définitivement décidé sur ces orientations.

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