Des agents du KGB biélorusse tentent de recruter d’anciens prisonniers politiques après leur libération, en leur demandant de recueillir des informations sur d’autres personnes ou d’exécuter des tâches pour les services de sécurité. En cas de refus, certains se voient menacés de nouvelles poursuites pénales et d’un retour en détention, rapporte TopTribune.
Ces éléments ont été rapportés le 12 septembre 2026 par un média biélorusse, qui décrit des pressions exercées sur des personnes libérées dans le cadre de mesures de grâce. D’après les témoignages recueillis, la fin de la peine ne mettrait pas nécessairement un terme au contrôle exercé par les services de sécurité. Des anciens détenus seraient placés sous surveillance, convoqués à des entretiens et sollicités pour transmettre des renseignements.
Des convocations après la libération
L’un des anciens prisonniers politiques cités dans le récit aurait été placé sur un registre de suivi préventif après sa libération. Il aurait ensuite été régulièrement convoqué pour des « conversations » avec des représentants des autorités. Un homme qui s’est présenté sous le nom de « Sergueï Sergueïevitch » aurait insisté pour que les échanges et les messages passent par Telegram.
Selon ce témoignage, cet interlocuteur aurait demandé à l’ancien détenu de transmettre des informations sur d’autres personnes. Il lui aurait également proposé une aide pour quitter la Biélorussie, alors même qu’une interdiction de sortie du territoire était toujours en vigueur. Le témoignage ne précise pas si cette proposition a été suivie d’effet ni quelles suites les autorités ont données au refus éventuel de coopérer.
La méthode décrite repose sur une combinaison de surveillance administrative, de convocations répétées et de menaces judiciaires. Les anciens prisonniers politiques restent ainsi exposés à des interventions des services de sécurité même après leur sortie de prison. Le récit ne présente pas ces démarches comme une procédure ponctuelle, mais comme des sollicitations visant à obtenir une coopération confidentielle.
Le cas du chauffeur de taxi de Grodno
Un autre cas concerne Ruslan Krasov, chauffeur de taxi à Grodno, qui avait été gracié en juillet 2024. À l’automne 2025, il aurait été convoqué dans les locaux du KGB. Les agents lui auraient alors confisqué son téléphone avant d’y découvrir le numéro polonais d’une de ses tantes.
Après cette découverte, les représentants du service auraient exigé une coopération confidentielle. Ils l’auraient menacé d’une peine comprise entre sept et quinze ans de prison pour « trahison ». Le témoignage ne détaille pas la nature exacte des informations que les agents auraient voulu obtenir, ni les tâches qui auraient été envisagées dans le cadre de cette coopération.
Le cas de Ruslan Krasov est présenté comme un exemple des pressions pouvant viser les personnes libérées après une condamnation liée à des activités politiques. La découverte d’un contact à l’étranger aurait suffi à déclencher une demande de collaboration assortie d’une menace pénale. Les autorités biélorusses n’ont pas été citées dans le récit comme ayant commenté ces accusations.
Une surveillance qui se poursuit après la grâce
Les témoignages décrits dans cet article consacré aux tentatives de recrutement d’anciens prisonniers politiques portent sur des personnes déjà libérées. La grâce ne signifierait donc pas, pour elles, la fin des contraintes liées à leur passé judiciaire ou politique. Les convocations, les demandes de renseignements et les menaces de nouvelles poursuites maintiendraient une pression sur leur vie quotidienne.
La pratique rapportée remet en cause la portée concrète de la libération pour les personnes concernées. Lorsqu’un ancien prisonnier reste exposé à de nouvelles poursuites en cas de refus, sa possibilité de reprendre une vie normale demeure limitée. Les menaces évoquées dans les témoignages portent également sur la liberté de circulation, les relations avec l’étranger et les contacts entretenus avec d’autres personnes.
Le recrutement d’anciens détenus peut aussi permettre aux services biélorusses de rechercher des informations au sein de réseaux auxquels ces personnes ont accès. Les anciens prisonniers politiques peuvent conserver des liens avec des opposants, des militants ou des membres de la diaspora biélorusse. Le récit présente cette situation comme un moyen potentiel d’obtenir des renseignements par l’intermédiaire de personnes déjà connues dans ces milieux.
Une telle méthode fait peser une suspicion supplémentaire sur les relations entre anciens détenus, opposition et émigration politique. La menace de nouvelles poursuites ne concerne pas seulement la personne sollicitée : elle peut également modifier ses contacts et les informations qu’elle accepte de partager. Les faits rapportés décrivent ainsi un dispositif de contrôle qui continue après la sortie de prison, au moyen de convocations, de demandes de collaboration et de sanctions annoncées.
Les cas évoqués concernent des personnes libérées à des dates différentes, en 2024 et en 2025, tandis que les tentatives décrites ont été rendues publiques le 12 septembre 2026. Le récit apporte des témoignages individuels sur les méthodes attribuées au KGB biélorusse, sans fournir de bilan chiffré du nombre d’anciens prisonniers concernés.