Des images satellites révèlent les ravages à Gaza
Pour la première fois depuis juin 2024, des images satellite récentes de la bande de Gaza sont accessibles, montrant un territoire dévasté où plus de 80 % des bâtiments sont détruits ou endommagés, la destruction continuant même après le cessez-le-feu d’octobre 2025, rapporte TopTribune.
Une évaluation alarmante
Depuis le 27 septembre, Google Earth met à jour les images satellite de la bande de Gaza. Les précédentes données remontaient à juin 2024, période durant laquelle aucune couverture de la réalité de la zone, occupée par l’armée israélienne, n’était disponible. Ces images fournissent ainsi l’une des rares sources d’information sur l’état actuel de Gaza, soulignant la gravité de la situation sur le terrain.
Des destructions massives
Les Nations Unies estiment que plus de 80 % des bâtiments à Gaza sont soit détruits, soit endommagés, avec un volume de débris dépassant 61 millions de tonnes. Un rapport de novembre 2025 indique qu’il faudrait au moins sept ans pour déblayer ces décombres. De plus, des milliers de personnes sont toujours portées disparues sous les débris.
Un cessez-le-feu illusoire
Malgré un cessez-le-feu en octobre 2025, les frappes israéliennes persistent. Le 29 septembre, six Palestiniens ont été tués, selon le quotidien Le Devoir. Jean-François Corty, président de Médecins du Monde, a souligné que ce cessez-le-feu ne reflète pas la réalité des Gazaouis. Les destructions continuent dans des zones sous contrôle israélien, où les habitants ont été évacués.
Quelques bâtiments subsistent, comme la branche de Rafah de l’université Al-Quds et le stade municipal, occupés par des véhicules et des tentes militaires israéliennes.
Conditions de vie catastrophiques
La population restante, concentrée sur 30 à 40 % du territoire, vit dans des conditions précaires, avec près des deux tiers des Gazaouis se réfugiant dans des tentes ou des abris temporaires. La situation hydrique est préoccupante, avec de l’eau non potable et des stations d’épuration détruites, entraînant des problèmes de santé.
La situation alimentaire s’est légèrement améliorée post-cessez-le-feu, mais demeure fragile et dépendante de l’aide humanitaire internationale, alors que la quasi-totalité de la population vit en insécurité alimentaire. Avant la guerre, près des deux tiers des Gazaouis souffraient déjà de cette insécurité.
Un système de santé à l’agonie
En mars 2026, seuls 18 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnaient partiellement, selon l’ONU. Jean-François Corty a signalé une augmentation des maladies telles que les infections respiratoires et des carences nutritionnelles, provoquant anémies et déficits immunitaires. Avec plus de 90 % des habitants en âge de travailler au chômage, l’économie locale s’est effondrée.
Un an après le cessez-le-feu, la reconstruction n’a pas pu commencer. L’ONU évalue le coût des besoins de reconstruction à plus de 71 milliards de dollars. Corty a indiqué que « pour ces personnes, il n’y a aucune perspective d’avenir concrète ».