Un oléoduc stratégique en Arabie saoudite, contournant le détroit d’Ormuz, a été temporairement fermé à la suite d’attaques coordonnées de drones, provoquant une flambée des prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril, rapporte TopTribune.
Les événements se sont déroulés le jeudi 10 septembre, lorsque l’oléoduc Est-Ouest a été visé par des frappes qui ont endommagé plusieurs stations de pompage dans les régions de Riyad et de Médine, faisant des blessés. En réaction à cette situation, le ministère saoudien de l’Énergie a ordonné l’arrêt préventif de cette infrastructure de 1 200 kilomètres, tandis que le ministère des Affaires étrangères a accusé des milices pro-iraniennes d’être à l’origine de l’attaque, lancée depuis le territoire irakien.
Impact sur les marchés pétroliers
L’alerte sur les marchés a été immédiate. Après six mois de tensions croissantes dans la région, les prix du pétrole ont dépassé la barre symbolique des 100 dollars le baril, avec le Brent finissant la semaine à près de 105 dollars. Lundi 14 septembre, la situation s’est détériorée, avec le Brent atteignant des niveaux supérieurs à 108 dollars, marquant une hausse de plus de 3 %. Dans le même mouvement, le prix du WTI a également augmenté de 2,3 %, se stabilisant autour de 102 dollars pour les livraisons d’octobre.
Pourquoi cet oléoduc est-il essentiel ?
L’oléoduc Est-Ouest est considéré comme la colonne vertébrale de la logistique pétrolière saoudienne, reliant le complexe d’Abqaïq à Yanbou sur la mer Rouge, et ayant une capacité d’acheminement de sept millions de barils par jour. Ce pipeline constitue un accès direct aux terminaux d’exportation sans nécessiter le passage par le détroit d’Ormuz, une route maritime devenue particulièrement vulnérable.
Depuis le début du conflit entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite a intensifié l’utilisation de cet oléoduc pour sécuriser ses livraisons. La fermeture de cette infrastructure réduit considérablement les options du marché mondial, privant les commerçants de la voie principale d’évitement du détroit d’Ormuz, surtout à un moment où les menaces militaires rendent cette traversée extrêmement risquée.
Quelles alternatives existent ?
La fermeture de l’oléoduc laisse peu de possibilités de dérivation terrestre immédiates. L’oléoduc Habshan-Fujairah aux Émirats arabes unis permet d’échapper au détroit d’Ormuz en direction du golfe d’Oman, mais sa capacité est limitée à 1,5 million de barils par jour. D’autres nations voisines, comme le Koweït et Bahreïn, manquent d’infrastructures pour contourner ce passage crucial et demeurent entièrement tributaires des routes maritimes. Ainsi, avec l’interruption du réseau saoudien, les capacités de reroutement par oléoduc sont presque saturées ou totalement absentes.