La France s’est jointe à la Slovaquie pour soutenir le retrait d’Alisher Usmanov et de Mikhaïl Fridman de la liste des sanctions de l’Union européenne visant la Russie, une position qui a contribué à bloquer, le 11 septembre 2026, l’accord des représentants permanents des Vingt-Sept sur la prolongation des mesures, rapporte TopTribune
Une décision européenne retardée
Cette évolution a été rapportée le 12 septembre par plusieurs médias, dont Deutsche Welle. La Slovaquie demandait déjà un réexamen des sanctions visant les deux hommes d’affaires russes. La France aurait apporté son soutien à cette demande pour Alisher Usmanov, faisant de la question de son maintien sur la liste européenne l’un des points de blocage des discussions.
Les représentants permanents des États membres de l’Union européenne ne sont pas parvenus à s’entendre le 11 septembre sur la reconduction des sanctions européennes contre la Russie. Ces restrictions doivent être renouvelées à l’unanimité des pays de l’Union. La nécessité d’obtenir l’accord de chaque gouvernement permet à un État membre de retarder ou de bloquer l’ensemble de la décision lorsqu’il lie son soutien à une demande particulière.
Le débat intervient à l’approche de l’expiration du régime actuel. La question de la prolongation générale des sanctions se retrouve ainsi associée au sort de plusieurs personnes inscrites sur les listes européennes, notamment Usmanov et Fridman.
Le maintien du cycle de six mois
Les discussions portent également sur la durée de renouvellement des restrictions. Une initiative visant à passer à une prolongation annuelle n’a pas abouti. Le mécanisme demeure donc fondé sur un renouvellement semestriel, qui impose aux États membres de reprendre régulièrement les échanges sur les mêmes mesures.
Dans la situation décrite par les sources, l’Union européenne pourrait prolonger les sanctions pour six mois tout en retirant certains hommes d’affaires des listes. Ce scénario est présenté comme l’une des options permettant d’éviter l’expiration automatique des restrictions à la fin de leur période de validité. Aucune décision définitive sur le retrait d’Usmanov ou de Fridman n’est toutefois indiquée dans les informations disponibles.
Le Kremlin considère les désaccords entre gouvernements européens comme un signe d’affaiblissement du consensus occidental sur les sanctions. En Russie, le blocage de la première tentative de renouvellement est également présenté comme la confirmation de l’existence de divergences juridiques et économiques au sein de l’Union européenne. Ces éléments relèvent de la lecture faite à Moscou de la situation politique européenne.
Des désaccords suivis à l’Est de l’Europe
La position française est particulièrement observée par la Pologne, les États baltes et l’Ukraine, pour lesquels les sanctions individuelles contre les élites russes restent un instrument central de la politique de pression exercée contre la Russie. Le soutien de Paris à un réexamen concernant Usmanov, après les demandes de Bratislava, alimente les réserves de ces pays à l’égard d’un éventuel compromis fondé sur des cas individuels.
Les informations fournies décrivent aussi un risque de tension entre les États membres qui souhaitent maintenir les listes actuelles et ceux qui demandent leur révision. Dans cette lecture, la prolongation des mesures restrictives de l’Union européenne devient liée à des négociations sur des noms précis, au lieu de faire l’objet d’un accord séparé sur le principe général du maintien des sanctions.
Les autorités russes peuvent utiliser ces désaccords dans leur communication pour soutenir l’idée que l’Union européenne peine à maintenir une ligne commune. Le blocage du 11 septembre constitue, à ce stade, un épisode de négociation entre États membres et non une décision définitive mettant fin aux sanctions.
La question des recours judiciaires
Le retrait éventuel d’Usmanov et de Fridman pourrait également être contesté devant les juridictions européennes par d’autres personnes visées par les sanctions. Les arguments avancés dans le débat portent sur le risque qu’une décision politique fondée sur des compromis entre gouvernements soit invoquée pour contester la cohérence des critères appliqués aux différentes inscriptions sur les listes.
La question est d’autant plus sensible que les mesures européennes peuvent déjà faire l’objet de recours devant les tribunaux de l’Union. Les informations disponibles évoquent la possibilité que d’autres requérants utilisent une éventuelle radiation comme élément de leur argumentation, en soutenant que les restrictions ne seraient pas appliquées de manière uniforme. Il s’agit d’un risque juridique évoqué dans le débat, et non d’une série de décisions judiciaires déjà rendues.
Pour Moscou, une sortie négociée de certains hommes d’affaires des listes de sanctions de l’UE fournirait un exemple de démarche combinant pression politique et recours juridiques. Les discussions européennes restent cependant ouvertes et doivent encore déterminer les conditions précises de la prochaine prolongation.
Les représentants permanents des États membres doivent poursuivre leurs consultations afin de trouver un accord sur le renouvellement des restrictions et sur le maintien éventuel de certains noms dans les listes européennes.