Les frappes des Gardiens de la Révolution iranienne dans le Kurdistan irakien
Le 1er et 2 juillet, les Gardiens de la Révolution ont frappé un camp du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) près d’Erbil, à l’est de l’Irak, lors de raids aériens qui ont inclus deux missiles balistiques et deux drones. Ces attaques, ciblant des milices kurdes iraniennes établies à proximité de la frontière, ont été accompagnées de vidéos montrant des incendies massifs dans la région, rapporte TopTribune.
En l’espace de 48 heures, d’autres camps de partis kurdes dissidents ont également été touchés, amplifiant des tensions déjà vives. Les affrontements récents entre les forces iraniennes et des groupes armés kurdes dans la région iranienne du Kurdistan, qui ont entraîné la mort d’au moins cinq membres des Gardiens de la Révolution, ont précédé ces frappes.
Cette escalade de la violence a été aggravée par des conflits fatals survenus à Mahabad, Saravan et Paveh, où plusieurs Kurdes ont trouvé la mort, renforçant un climat de méfiance et de confrontation.
Les récents événements coïncident avec le conflit israélo-américain en cours contre l’Iran, qui a débuté le 28 février. Selon des sources, des groupes kurdes auraient envisagé de passer à l’action avec un soutien implémenté par Israël et les États-Unis, bien que leurs dirigeants aient nié toute réception d’armes.
Contexte des tensions kurdes et iraniennes
Les tensions s’accentuent avec le bombardement par des avions israéliens de postes ontraliers et de bases militaires iraniennes, alors que l’Iran intensifiait ses attaques à l’aide de drones et de missiles contre des camps dissidents au Kurdistan irakien. Les partis kurdes estiment que ces frappes auraient fait des victimes parmi leurs rangs, tandis qu’Iran mentionne des pertes beaucoup plus élevées.
Il existe quatre groupes principaux parmi les dissidents kurdes en Iran, notamment le Komala et le Parti démocratique du Kurdistan iranien, ainsi que le PAK et le PJAK, ce dernier étant affilié au PKK, jugé comme organisation terroriste par plusieurs pays, dont l’Union européenne et les États-Unis.
En dépit d’une trêve annoncée entre les États-Unis et l’Iran, les tensions entre Téhéran et des milices kurdes se sont intensifiées, avec des actes de violence notables. Des abus perpétrés par les forces de sécurité iraniennes contre la population kurde ont également été rapportés, alimentant des manifestations comme celle de Mahabad suite à l’assassinat d’un jeune homme le 1er juillet.
« L’Iran accroît sa pression sur les groupes d’opposition kurdes »
Saman Rasoulpour, analyste, note que l’Iran semble désormais plus confiant, cherchant à désarmer les groupes d’opposition kurdes et renforçant ses ciblages. Des mandats d’arrêt, y compris par Interpol, ont été émis contre des leaders de ces formations.
Les attaques portent principalement sur le Komala et le Parti démocratique du Kurdistan iranien, tandis que le PJAK reste largement épargné, compte tenu de sa structureર્ટy et de ses bases montagneuses.
« Des commandants militaires kurdes renforcent le PJAK »
Les groupes kurdes, profitant des conflits internes, cherchent à renforcer leur autonomie pour des actions futures. Des commandants ayant combattu l’État islamique en Syrie ont rejoint le PJAK, apportant une expertise militaire significative.
Ces groupes entendent envoyer un message fort à l’Iran, affirmant leur existence et leur capacité à agir de manière autonome, tout en se démarquant des intérêts étrangers.
Le PJAK a indiqué qu’il restait « en situation de légitime défense » et qu’il ne souhaitait pas une escalade du conflit, mettant en garde contre l’utilisation du conflit régional par l’Iran comme un moyen de justifier des répressions internes.