Les tensions se ravivent autour du projet d’extension du méthaniseur Methagri 32 à Pellefigue
Le projet d’extension du méthaniseur Methagri 32, situé à Pellefigue, provoque une recrudescence des tensions parmi les habitants de cette petite commune de 100 habitants. Un collectif formé par des riverains s’oppose fermement au permis de construire soumis par l’exploitant, qui souhaite augmenter la capacité de traitement du site de 19 290 à 30 000 tonnes annuel. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 300 signatures, rapporte TopTribune.
Le collectif, ainsi que le conseil municipal de Pellefigue, qui a voté contre le projet, s’inquiètent des conséquences potentielles d’une augmentation du trafic de poids lourds sur les routes étroites du village. Les opposants soulignent que le nombre de camions de 44 tonnes pourrait considérablement augmenter, ce qui aggraverait la dangerosité des croisements sur des voies déjà étroites. François Messager, membre du collectif, exprime ses craintes : « Aujourd’hui, il n’y a pas eu d’accident, tant mieux. Mais ça finira par arriver », ajoutant qu’il redoute également une dégradation accélérée de la voirie.
Les dimensions des installations à venir suscitent également des inquiétudes parmi les riverains, certains craignant que la production dépasse à terme les 30 000 tonnes proposées.
« On ne prétend pas être parfaits »
En réponse à ces préoccupations, Romain Stigliani, agriculteur et directeur de la SAS Methagri 32, défend son projet en répondant point par point aux inquiétudes des habitants. « Lorsque j’ai créé le projet en 2013, un collectif s’était déjà opposé au méthaniseur. Aujourd’hui, je le vis différemment. Je comprends leurs préoccupations concernant les routes, et je suis quelqu’un avec qui l’on peut discuter. On ne prétend pas être parfaits. Les passages de camions et de tracteurs peuvent occasionner certains dégâts. »
Stigliani fait également appel à la responsabilité des automobilistes, déplorant certaines incivilités lors des croisements qui compliquent la circulation.
Diversifier son activité
Pour Methagri 32, l’extension représente une nécessité économique. Actuellement, l’entreprise produit de l’électricité vendue à EDF et utilise la chaleur générée pour sécher des semences pour Syngenta. Cependant, cette dernière fermera son site de Lombez à la fin de l’année 2026, contraignant Methagri 32 à diversifier ses activités et à se tourner vers la production de biométhane.
Cela nécessitera aussi la création d’un gazoduc de 21 kilomètres, réalisé par GRDF, pour relier le méthaniseur au réseau de distribution de gaz. « C’est indispensable pour notre nouveau mode de production », insiste Stigliani, ajoutant que la torchère, redoutée par le collectif, est déjà existante.
L’État tranchera
Methagri 32, qui collabore avec une cinquantaine d’exploitations agricoles, transforme les effluents d’élevage et autres matières organiques en bioénergie tout en restituant aux agriculteurs le digestat, un fertilisant naturel. En ce qui concerne le trafic routier, l’exploitant conteste les chiffres avancés par les opposants, déclarant : « Nous resterons sur une moyenne de 11,5 camions par jour. Ceux qui parlent de 25 camions, je voudrais savoir d’où ils sortent ces chiffres. »
La décision finale concernant le permis de construire revient désormais aux services de l’État, attendue aux alentours de février 2027, sous réserve de la réception de pièces complémentaires. Bien que le projet ne nécessite pas d’étude d’impact selon la réglementation environnementale, les incidences de la modification seront examinées avec attention, et une participation du public par voie électronique sera possible.