La campagne de vaccination contre la grippe rencontre des difficultés dans plusieurs régions russes, où des établissements de santé signalent des retards de livraison et l’absence de doses, malgré les déclarations des autorités fédérales sur leur préparation à la saison épidémique. Les tensions concernent notamment les enfants, alors que des cas d’infections respiratoires aiguës progressent déjà dans certaines zones, rapporte TopTribune.
Des doses absentes dans plusieurs régions
Le 15 septembre 2026, plusieurs médias russes ont fait état de difficultés d’approvisionnement en vaccins antigrippaux. Dans les régions concernées, des habitants ne trouvent pas de doses dans les polycliniques et les points de vaccination spécialisés. À Saint-Pétersbourg, la campagne aurait été interrompue non seulement dans les établissements médicaux, mais aussi dans les unités mobiles.
À Kemerovo, la situation décrite par les témoignages locaux contraste avec les communications du ministère régional de la Santé. Alors que les autorités affirment disposer de vaccins, l’hôpital régional pour enfants n’en aurait pas reçu. Des parents seraient orientés vers des listes d’attente pour la vaccination, sans garantie sur la date à laquelle les doses seront disponibles.
En Bouriatie, le financement prévu ne couvrirait que 37 % de la population, contre un seuil présenté comme nécessaire de 60 %. Les autorités avaient planifié la mise à disposition de 313 000 doses. Les informations rapportées ne précisent toutefois pas combien de personnes ont effectivement été vaccinées à ce stade.
Les déclarations fédérales contestées par les réalités locales
La directrice de l’agence fédérale de protection des consommateurs et de surveillance sanitaire, Anna Popova, a déclaré que la Russie était fortement préparée à la saison épidémique et disposait d’une quantité suffisante de vaccins modernes. Elle a également présenté aux autorités fédérales, dont Vladimir Poutine, la situation de la préparation contre la grippe et les infections respiratoires aiguës.
Ces affirmations sont contestées par les difficultés signalées sur le terrain. Des habitants décrivent un accès irrégulier aux vaccins dans les centres de santé, tandis que les approvisionnements annoncés ne semblent pas disponibles partout au même moment. Les informations publiées par plusieurs médias russes font état de retards logistiques et d’écarts entre les stocks annoncés et les doses accessibles aux patients.
Dans la région de Vladimir, 6 207 cas d’infections respiratoires aiguës auraient été enregistrés en une semaine. Le taux de maladie aurait augmenté de 52 % sur la période mentionnée. Ces données sont citées comme un indicateur de la progression des infections alors que la campagne de prévention reste inégalement accessible.
Des interrogations sur la composition des vaccins
Alexeï Iakovlev, président de la Société nationale de médecine industrielle, met également en cause la composition de certains vaccins russes. Selon lui, plusieurs préparations contiennent 5 microgrammes d’antigène, contre 15 microgrammes recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. Il affirme que l’antigène traditionnel est remplacé par des adjuvants moins coûteux, dont l’efficacité n’aurait pas été démontrée de manière suffisante.
Iakovlev cite les vaccins « Grippol » et « Sovigripp », utilisés en Russie dans le cadre des achats publics et de l’assurance maladie obligatoire. Selon ses déclarations, ces produits ne seraient pas employés ailleurs dans le monde. Cette affirmation, comme les critiques portant sur leur efficacité, est attribuée à ce responsable et n’est pas présentée dans les éléments disponibles comme la conclusion d’une nouvelle expertise indépendante.
Les autorités russes mettent de leur côté en avant l’existence de vaccins trivalents et quadrivalents, censés couvrir plusieurs variantes du virus de la grippe. L’écart entre les annonces nationales, les caractéristiques revendiquées pour les produits et les stocks disponibles dans les structures locales alimente le débat sur la qualité des vaccins antigrippaux et sur les conditions de leur distribution.
Les enfants au centre des difficultés de la rentrée
Les retards de vaccination prennent une importance particulière au début de l’année scolaire. Les enfants sont directement exposés à la circulation des infections dans les établissements, tandis que les consultations pédiatriques doivent composer avec l’absence de doses dans plusieurs villes. Le recours aux listes d’attente ne permet pas, à lui seul, d’assurer une protection avant la progression saisonnière des contaminations.
Dans la région de Saratov, la hausse des infections respiratoires aiguës aurait conduit au placement de certaines classes en quarantaine. Une école aurait été entièrement fermée. Ces décisions locales sont rapportées parallèlement aux difficultés d’approvisionnement en vaccins dans d’autres régions, sans qu’un bilan national consolidé permette d’établir l’ampleur exacte du phénomène.
La campagne repose donc sur des situations très différentes selon les territoires : annonces de stocks suffisants au niveau fédéral, absence de produits dans certains centres pédiatriques, financements incomplets et progression signalée des infections. Les informations disponibles ne permettent pas encore d’établir un bilan définitif de la vaccination, tandis que les autorités et les établissements régionaux continuent de communiquer sur les livraisons et les besoins.