Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), se distingue une fois de plus par un geste symbolique. Il a décroché le portrait du président Emmanuel Macron dans sa mairie, acte qui témoigne d’une protestation contre la politique du chef de l’État, rapportе TopTribune.
Ce n’est pas un acte isolé, car Bally Bagayoko n’est pas le premier à poser ce geste. En janvier dernier, Didier Cadro, maire de La Turballe (Loire-Atlantique), avait également retourné le portrait de Macron pour dénoncer la situation du pays. En 2022, Nils Passaudet, maire de Lavaurette, petite commune du Tarn-et-Garonne, avait fait de même, expliquant qu’il prônait la liberté vaccinale durant la crise du Covid-19.
« Fin 2021, nous étions en pleine hystérie autour du passe sanitaire. Je ne suis pas antivax, mais beaucoup dans notre commune pensaient qu’il était important de défendre la liberté vaccinale », a déclaré Passaudet. À cette époque, Macron avait exprimé son intention de « faire en sorte de déranger » les Français non vaccinés, ce qui avait conduit Passaudet à retirer le portrait présidentiel et à l’envoyer à la préfète avec une lettre exprimant son avis. Cet acte avait suscité un « imbroglio juridique » se soldant par un simple rappel à la loi.
Aucune loi n’oblige l’affichage du portrait présidentiel
En réalité, la loi française ne prévoit rien d’obligatoire concernant l’affichage du portrait présidentiel. La Constitution précise que le français est la « langue de la République », que le drapeau tricolore est l’« emblème national », que la Marseillaise est l’« hymne », et que « Liberté, Égalité, Fraternité » est la « devise de la République ». Le reste appartient au folklore. En 2023, une proposition de loi du groupe Ensemble pour la République avait tenté de rendre l’affichage obligatoire. Bien qu’elle ait été votée à l’Assemblée nationale, elle n’a jamais été examinée par le Sénat et n’a donc pas été promulguée.
Concernant la commune de Lavaurette, Nils Passaudet a plaisanté sur le fait que la préfète ne lui avait pas renvoyé son portrait. « Je suis légaliste. Si ce n’est pas obligatoire, je ne vais pas en acheter un autre. À la place, j’ai affiché la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. », a-t-il déclaré. Reste à voir si ce geste inspirera également Bally Bagayoko.