Cancer de la vessie : cinq informations clés pour mieux comprendre cette maladie méconnue

Cancer de la vessie : cinq informations clés pour mieux comprendre cette maladie méconnue

07.05.2026 17:27
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1 – Le sang dans les urines, le premier symptôme du cancer de la vessie 

La présence de sang dans les urines, également appelée hématurie, doit toujours être prise très au sérieux, car dans 80 à 90 % des cas, il s’agit du signe précoce du cancer de la vessie. Il est donc crucial de ne pas tarder à consulter un médecin, rapporte TopTribune.

« Le cancer de la vessie reste largement méconnu du grand public, alors même qu’il existe un signe d’alerte visible dans la majorité des cas. Tout l’enjeu est de faire comprendre que ce symptôme ne doit jamais être ignoré. Voir du sang dans ses urines, même une seule fois, doit conduire à consulter rapidement. C’est un réflexe simple, mais déterminant, car un diagnostic précoce change radicalement le pronostic », a déclaré le Pr. Yann Neuzillet, chirurgien urologue, lors d’une conférence de presse organisée par l’Association française d’urologie, lundi 27 avril.

Répéter ce message est essentiel. Selon un sondage relayé par l’AFU, 64 % des adultes ignorent que l’hématurie est un symptôme du cancer de la vessie. D’autres signes, comme des troubles urinaires et des infections urinaires à répétition, doivent également inciter à consulter.

2 – Un cancer de bon pronostic s’il est traité à temps

Le cancer de la vessie représente le 5e cancer le plus fréquent en France, touchant plus de 20 000 personnes chaque année et étant responsable de près de 5 000 décès. « C’est un cancer très fréquent dont on parle beaucoup moins que d’autres cancers », note le Dr. Benjamin Pradère, urologue et membre du comité de cancérologie de l’AFU. Lorsqu’il est pris à temps, avant d’atteindre le muscle, 80 % des patients survivent à cinq ans, ce qui témoigne d’un pronostic favorable. En revanche, lorsque le cancer est détecté trop tard, le taux de survie n’est que de 50 % lorsqu’il est localisé mais plus agressif, et seulement 5 % des patients survivent à cinq ans en cas de cancer métastatique.

Outre un pronostic moins favorable, la prise en charge du cancer est également plus lourde une fois qu’il a infiltré le muscle. « Le traitement de référence consiste en l’ablation de la vessie, ce qui entraîne que la plupart des patients nécessitent une stomie, avec une poche extérieure pour recueillir les urines, ce qui altère l’image corporelle », précise le Dr. Pradère.

Aujourd’hui, 25 % des patients sont diagnostiqués avec des tumeurs infiltrant le muscle.

3 – Un retard de diagnostic chez les femmes

Les hommes ont 83 % de chances d’obtenir un diagnostic précoce, dans les trois mois suivant leur première consultation, tandis que ce chiffre ne s’élève qu’à 70 % pour les femmes. Cela est en partie dû à une confusion accrue chez les femmes avec l’infection urinaire. Les cystites à répétition peuvent être un signe de cancer de la vessie, et il est essentiel que les femmes consultent et que les professionnels de santé prennent cela en compte.

« Nous observons des patientes avec un retard au diagnostic parce qu’elles présentent des symptômes, comme l’hématurie, considérés à tort comme des infections urinaires », confirme le Pr. Neuzillet.

Après le diagnostic, les inégalités persistent : « 55 % des hommes ont des chances de survivre cinq ans après le diagnostic, contre 49 % chez les femmes, ce qui est dû à un diagnostic plus tardif, d’où l’importance d’informer le grand public », ajoute le spécialiste.

4 – Le tabac est le premier facteur de risque du cancer de la vessie

Alors que le lien entre tabac et cancer du poumon est largement reconnu, celui avec le cancer de la vessie reste sous-estimé. « Il constitue le principal facteur de risque », insiste l’AFU, soulignant que ce déficit de connaissance constitue un obstacle majeur à la prévention.

Un fumeur présente 5,5 fois plus de risque de développer un cancer de la vessie, ce risque augmentant avec le nombre d’années et de paquets consommés. Le tabac est responsable de 53 % des cas de cancer de la vessie chez les hommes et de 39 % chez les femmes. Les substances toxiques éliminées par les reins passent par la vessie, où elles peuvent endommager les cellules.

L’exposition professionnelle à certaines substances toxiques, comme celles présentes dans l’industrie chimique, les teintures, le caoutchouc, le pétrole, la métallurgie et la coiffure, ainsi que des antécédents familiaux, sont également des facteurs de risque associés au cancer de la vessie.

5 – Il existe des moyens de prévention du cancer de la vessie

Les antécédents familiaux, le tabagisme prolongé et l’exposition professionnelle justifient une surveillance et un dépistage potentiels. Le diagnostic repose sur l’identification des signes alarmants. Le sang dans les urines, mais aussi des infections urinaires récurrentes et des troubles de la miction, sont des indicateurs clés.

Pour prévenir le cancer de la vessie, il est également conseillé de bien s’hydrater. « Rincer la vessie, c’est comme prendre une douche, cela permet de nettoyer son corps des polluants. En France, l’eau est de bonne qualité, ce qui rend une bonne hydratation un moyen de prévention très simple », souligne le Pr. Neuzillet.

Pour ceux travaillant dans des secteurs professionnels à risque, il est essentiel d’utiliser des protections adéquates (équipements, ventilation). Enfin, arrêter de fumer réduit les risques, et ce, même après des années de consommation.

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