Menaces sur le détroit de Bab el-Mandeb : Les Houthis intensifient leur pression
Le détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée sud de la mer Rouge, est de nouveau sous menace directe des Houthis yéménites, alliés de l’Iran. Cette situation fait écho à la récente fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran, renforçant l’impact géopolitique de ces développements, rapporte TopTribune.
Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz fin février, la pression sur Bab el-Mandeb s’accroît. Le 15 juillet, les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré que le détroit d’Ormuz resterait fermé jusqu’à la « fin des agressions » américaines, menaçant également de bloquer d’autres « couloirs d’exportation » au profit des États-Unis et de leurs alliés. Cela souligne la capacité de Téhéran à mobiliser ses alliés houthis qui contrôlent le littoral de Bab el-Mandeb.
Les Houthis remontent au front
Le 13 juillet, les Houthis ont lancé des missiles et des drones sur l’aéroport d’Abha en réponse à des frappes des forces gouvernementales yéménites, ciblant l’aéroport de Sanaa. Un responsable du mouvement houthi a déclaré à Press TV que la milice pourrait relever le défi de fermer le détroit de Bab el-Mandeb en cas de poursuite des attaques saoudiennes. Mohammed al-Farah, membre du bureau politique d’Ansarullah, a évoqué une fermeture coordonnée avec celle d’Ormuz, ce qui pourrait faire grimper le prix du baril de pétrole au-delà de 200 dollars.
Cette menace n’est pas nouvelle. Au cours de la guerre à Gaza, les Houthis avaient mené près de 200 attaques contre des cargos dans la mer Rouge, entraînant un détournement des routes maritimes sud-africaines et une chute des volumes de pétrole transitant par le détroit de 8,8 à 4 millions de barils par jour. Bien qu’ils aient suspendu leurs attaques après le cessez-le-feu d’octobre 2025, ils avaient averti qu’elles reprendraient en cas d’escalade impliquant l’Iran. En juin, une interdiction totale de la navigation israélienne en mer Rouge avait déjà été décrétée.
Une pression qui monte de tous les côtés
Le rétablissement du blocus américain des ports et des zones côtières iraniennes, déclaré mardi soir, intensifie la tension. Les Gardiens de la Révolution de l’Iran ont affirmé que les exportations énergétiques de la région seraient « soit partagées par tous, soit refusées à tous », tout en annonçant des frappes contre des installations de la 5e flotte américaine à Bahreïn, ainsi que des cibles au Koweït et en Jordanie.
En réaction à ces tensions, Donald Trump a averti que les cibles énergétiques « sont gardées pour la fin », promettant des attaques contre des centrales électriques et des ponts : « La semaine prochaine, ça va vraiment mal tourner pour eux », a-t-il déclaré, si Téhéran ne revient pas à la table des négociations.
Il est important de noter que les Houthis ne sont pas de simples intermédiaires de l’Iran. Contrairement au Hezbollah, ce groupe a développé son propre réseau d’approvisionnement, notamment avec la Chine, ce qui renforce leur capacité d’action.