Deux pétroliers saoudiens changent de cap en mer Rouge : les premiers impacts concrets du blocus houthi se manifestent en moins de 24 heures.

Deux pétroliers saoudiens changent de cap en mer Rouge : les premiers impacts concrets du blocus houthi se manifestent en moins de 24 heures.

22.07.2026 07:26
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Deux tankers transportant du pétrole saoudien ont fait demi-tour en mer Rouge, d’après les informations rapportées par le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech, qui les a identifiés mardi après leur chargement à Yanbu. Cette situation marque la première incidence notable sur le trafic maritime depuis l’annonce du blocus par les houthis, intervenue la veille, indiquent des sources locales, rapporte TopTribune.

Les rebelles houthis, basés au Yémen, ont proclamé lundi un « embargo maritime contre l’ennemi saoudien criminel, basé sur la loi du talion, avec effet immédiat ». Dans leur communiqué, les forces houthies justifient cette décision comme une réponse à l’agression perpétrée par l’Arabie saoudite à l’encontre des ports et aéroports yéménites.

Ce blocus prend pour cible l’ensemble des activités maritimes à destination et en provenance des ports saoudiens de la mer Rouge, avec Yanbu en étant le principal affecté.

Yanbu, faiblesse stratégique de l’économie saoudienne

Le port pétrolier de Yanbu n’est pas un terminal ordinaire. Suite à la fermeture partielle du détroit d’Ormuz par l’Iran, Riyad a redirigé plus de 70 % de ses exportations quotidiennes de brut via ce port, faisant de la côte saoudienne de la mer Rouge la principale voie de sortie pour ses ressources pétrolières.

Les cargaisons destinées à l’Europe remontent ensuite vers le canal de Suez, tandis que celles en direction de l’Asie doivent franchir le détroit de Bab el-Mandeb, situé à l’extrémité sud de la mer Rouge.

Ce dernier est effectivement sous le contrôle des Houthis depuis plusieurs années. En juin 2026, 7,4 millions de barils par jour transitaient par Bab el-Mandeb, une augmentation par rapport aux 4,2 millions de l’année précédente, attribuée au déplacement du trafic depuis Ormuz. Selon l’expert en sécurité Andreas Krieg du King’s College de Londres, une crise simultanée à Ormuz et à Bab el-Mandeb engendrerait des répercussions économiques plus significatives que si chacun de ces blocus agissait de façon isolée.

La fermeture d’Ormuz a déjà entraîné une diminution d’approximativement 10 % de l’offre mondiale de pétrole. Par ailleurs, un blocus à Bab el-Mandeb pourrait réduire de 7 % les approvisionnements mondiaux, immobilisant ainsi la majorité des exportations saoudiennes.

Les marchés ont rapidement réagi : mardi matin, le baril de Brent atteignait 91,37 dollars, après avoir brièvement dépassé ce seuil suite aux récents échanges de frappes entre les États-Unis et l’Iran. L’Agence internationale de l’énergie a exprimé ses préoccupations concernant la sécurité des approvisionnements, bien qu’elle ait noté la présence de facteurs mitigateurs.

Une menace omniprésente même en l’absence de tirs

D’après Mohammed al-Basha, analyste en gestion des risques au cabinet Basha Report, l’effet d’annonce s’avère déjà impactant : même sans attaque contre un navire, cette déclaration pourrait déjà créer des perturbations dans le trafic maritime et engendrer des incertitudes dans les ports saoudiens, la question principale demeurant si les Houthis transformeront leurs menaces en actions concrètes.

Cela n’est pas la première fois que les Houthis perturbent la navigation en mer Rouge. Durant le conflit à Gaza, le groupe a réalisé des attaques au moyen de drones et de missiles contre des navires dans ces eaux. Les semaines ayant précédé l’annonce avaient également été marquées par une intensification des hostilités au Yémen : le 13 juillet, des missiles et drones houthis avaient visé l’aéroport international d’Abha, dans le sud de l’Arabie saoudite, en réponse à des frappes de la coalition pro-saoudienne sur l’aéroport de Sanaa.

Ce moment choisi pour établir le blocus présente une dimension stratégique. Krieg mentionne que Téhéran aurait pu inciter les Houthis à préparer le front de Bab el-Mandeb, bien que ce groupe rebelle conserve, selon lui, une autonomie significative.

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