Donald Trump annonce une reprise des pourparlers avec l'Iran, Téhéran dément

Donald Trump annonce une reprise des pourparlers avec l’Iran, Téhéran dément

03.08.2026 16:56
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Le président américain Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue avec l’Iran ce lundi 3 août, une déclaration rapidement démentie par Téhéran, qui a affirmé qu’aucune négociation n’était en cours dans cette guerre qui s’enlise depuis maintenant cinq mois, rapporte TopTribune.

Il y a quelques jours, Trump avait menacé de « frapper fort » la République islamique, avant de suspendre ses plans de bombardements massifs. « Bien sûr qu’ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l’ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme », a déclaré Trump dimanche 2 août. Il a ajouté que les discussions devaient commencer ce lundi après-midi.

Le président américain avait conditionné la suspension des frappes à un accord rapide avec Téhéran concernant le détroit d’Ormuz, toujours sous tension, tout en évoquant de possibles avancées diplomatiques.

Donald Trump perd en crédibilité

La réponse iranienne ne s’est pas fait attendre. Lors du point presse hebdomadaire de la diplomatie iranienne, le porte-parole Esmaïl Baghaï a déclaré : « Nous ne négocions pas avec les États-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d’Ormuz ».

Pour Gérard Grizbec, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), les annonces de Donald Trump ont perdu en crédibilité depuis le début du conflit. « Donald Trump passe son temps à faire des déclarations, mais peut changer d’avis dans l’heure. Cela contribue à décrédibiliser les États-Unis, qui perdent de plus en plus leur influence géopolitique. De part et d’autre, aucune confiance n’existe pour croire en l’aboutissement de potentielles négociations », déplore l’ancien journaliste.

Il rappelle en outre que « concernant le détroit d’Ormuz, Trump disait vouloir détruire la civilisation perse, avant de réfléchir à un potentiel accord. Il est complètement imprévisible. De plus, l’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015 et rompu par lui en 2018, montre combien le fruit des négociations peut être fragile ».

Dans ce contexte, les discussions sont « mal embarquées », selon Grizbec. Trump semble « davantage préoccupé par la politique intérieure américaine », multipliant des déclarations tonitruantes pour convaincre son électorat à l’approche des élections de mi-mandat.

L’Iran veut éviter les négociations

De son côté, le corps des Gardiens de la révolution souhaite éviter le retour des négociations. Selon Amélie Chelly, spécialiste de l’Iran à l’Institut Catholique de Paris, il y a « tellement de va-et-vient » qu’il semble « très difficile d’envisager des discussions qui puissent aboutir ».

Le prolongement de la guerre est favorable au régime iranien. Les États-Unis deviennent le principal ennemi du pays, détournant l’attention des problématiques internes. « Le peuple iranien ne remet plus en question le pouvoir en place, sa priorité est de faire front contre la menace extérieure », explique Chelly.

Malgré les dissensions au sein des forces politiques iraniennes, l’urgence est à la défense. « On ne remet plus l’idéologie en question », poursuit-elle, en notant un fort sentiment patriotique face à la situation. Donald Trump espère reprendre le contrôle du détroit d’Ormuz et exercer une influence sur le programme nucléaire iranien, mais les tensions diplomatiques actuelles rendent peu probables de nouvelles négociations fructueuses.

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