La Säpo, le service de sécurité suédois, a annoncé le 11 août 2026 avoir déjoué une opération de la SVR russe en Suède visant à influencer les décisions politiques de Stockholm et à discréditer la Suède, l’Otan et l’Union européenne. L’opération aurait été planifiée et coordonnée par le Service des renseignements extérieurs russe et reposait sur un agent placé au sein d’une mission diplomatique étrangère à Stockholm, rapporte TopTribune.
Selon les informations communiquées par la Säpo et relayées par les médias suédois, l’opération ne se limitait pas à la collecte de renseignements. Elle devait également servir à exercer une influence sur le processus de décision en Suède et à mener des actions de désinformation contre l’Otan et l’UE. Le service de sécurité n’a pas rendu publique l’identité de l’agent ni celle de la mission diplomatique concernée.
Une opération coordonnée depuis la Russie
La Säpo affirme que l’initiative a été préparée durant une certaine période par la SVR, le service russe chargé du renseignement extérieur. L’utilisation d’une personne bénéficiant d’un accès à une représentation diplomatique à Stockholm constituait l’un des éléments centraux du dispositif. Les autorités suédoises n’ont pas détaillé les informations recherchées ni les actions concrètes que l’agent devait conduire.
Le service de sécurité présente toutefois l’opération comme une entreprise d’influence, et non comme une activité exclusivement tournée vers l’espionnage classique. Les objectifs mentionnés sont l’influence sur les décisions intérieures suédoises et la dégradation de l’image de la Suède auprès de sa population et de ses partenaires. La Säpo cite également la volonté de porter atteinte à la crédibilité de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne.
Le ministre suédois de la Justice, Gunnar Strömmer, a décrit l’affaire comme un élément d’une stratégie russe plus large. Selon le gouvernement suédois, la Russie, la Chine et l’Iran figurent parmi les principales sources de menaces liées au renseignement auxquelles sont confrontés les pays d’Europe du Nord.
La Suède sous surveillance après son entrée dans l’Otan
La Suède a rejoint l’Otan en 2024, après avoir abandonné sa politique de non-alignement militaire. Les autorités suédoises relient désormais la protection des institutions nationales à la coopération engagée dans le cadre de l’Alliance. Dans les éléments rendus publics le 11 août, la Säpo ne fournit pas de détail permettant d’établir un lien direct entre l’opération révélée et les élections législatives prévues le 13 septembre.
Cette absence de lien officiellement établi avec le scrutin est mentionnée alors que l’affaire porte sur une activité préparée sur une période prolongée. Les services suédois décrivent une opération orientée vers l’influence des institutions et des décisions publiques, plutôt que vers une intervention limitée à une échéance électorale précise. Ils n’ont pas indiqué si des documents, des communications ou des moyens financiers avaient été saisis.
Le dossier intervient dans le travail de contre-espionnage suédois consacré aux activités russes sur le territoire national. La Säpo n’a pas précisé si des poursuites judiciaires avaient été engagées, si une expulsion diplomatique était envisagée ou si d’autres personnes avaient été interrogées. Les autorités n’ont pas non plus indiqué quelle administration étrangère employait l’agent cité dans leur communiqué.
Stockholm ne publie pas les détails de l’enquête
La prudence des autorités porte sur plusieurs aspects de l’affaire : la méthode de recrutement, la nature des informations visées, la durée exacte de l’opération et les éventuels résultats obtenus par le renseignement russe. Dans son annonce, la Säpo s’est concentrée sur la finalité générale du dispositif et sur son interruption. Les informations disponibles ne permettent donc pas de mesurer l’ampleur de l’infiltration ni d’établir si une décision publique a été directement affectée.
La révélation de cette opération place également les missions diplomatiques étrangères présentes à Stockholm au centre de l’attention des services suédois. La présence d’un agent sous couverture diplomatique est présentée comme un mode opératoire utilisé pour accéder à des sources et conduire des activités d’influence. Aucun nom de diplomate, de pays ou d’organisation n’a été communiqué à ce stade.
La Säpo poursuit son enquête et n’a pas annoncé de nouvelles mesures concernant la mission diplomatique évoquée. Le gouvernement suédois doit encore préciser les suites administratives ou judiciaires données à cette affaire de renseignement russe à Stockholm.