Les élections législatives en Israël du 27 octobre : Netanyahou face à Eisenkot dans un contexte de division profonde

Les élections législatives en Israël du 27 octobre : Netanyahou face à Eisenkot dans un contexte de division profonde

26.10.2026 07:06
3 min de lecture

À quelques heures des élections législatives de demain, Benjamin Netanyahou se trouve à un tournant crucial de sa carrière politique, face au centriste Gadi Eisenkot. Trois ans après les attaques du Hamas, le climat reste tendu, marquant une société israélienne divisée. Les derniers sondages ne dégagent aucune majorité claire, plaçant les partis arabes en position d’arbitres, rapporte TopTribune.

Les élections du mardi 27 octobre s’annoncent déterminantes pour Israël. Il s’agit du premier scrutin depuis les attentats du Hamas du 7 octobre 2023, ayant causé la mort de 1 221 personnes, dont 51 Français. Ce rendez-vous électoral offre aux Israéliens deux choix fondamentaux : poursuivre avec le Premier ministre actuel du Likoud, Benjamin Netanyahou, âgé de 77 ans, ou opter pour Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée, âgé de 66 ans. À l’approche du vote, l’incertitude demeure prégnante.

Une Knesset sans majorité claire

Un vainqueur à l’issue des urnes n’assurera pas automatiquement la formation d’un gouvernement. Les derniers sondages indiquent que la Knesset pourrait se retrouver sans majorité claire. Un sondage de Kan attribue 50 sièges au bloc de Netanyahou et 52 à celui de l’opposition, bien en deçà des 61 sièges requis pour contrôler les 120 sièges du Parlement. D’autres études laissent entrevoir un léger avantage pour l’opposition, tandis que la chaîne 14, favorable au gouvernement, suggère une majorité pour la droite. Le risque de négociations interminables reste donc élevé.

Netanyahou, qui a exercé son mandat actuel depuis 2022, mais qui a déjà été Premier ministre de 1996 à 1999 et de 2009 à 2021, espère maintenir son pouvoir grâce à son alliance avec les partis ultraorthodoxes et l’extrême droite nationaliste et religieuse, représentée par Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich. Gadi Eisenkot, en tant que leader de Yashar, incarne une opposition variée, réunissant des personnalités telles que l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le centriste Yaïr Lapid, tous motivés par le souhait de mettre fin à l’ère Netanyahou plus qu’un programme commun.

Le traumatisme du 7-Octobre

Les deux blocs politiques sont profondément influencés par le traumatisme des événements tragiques du 7 octobre. Samedi soir, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Tel-Aviv à l’appel du Conseil d’Octobre, formé par des familles de victimes et d’otages. Ils exigent une enquête sur les défaillances sécuritaires qui ont permis l’attaque du Hamas. Le gouvernement de Netanyahou s’oppose à cette demande, tandis que les figures de l’opposition promettent d’y donner suite en cas de victoire. Gadi Eisenkot, accueilli par des manifestants, critique la gestion de l’attaque et la conduite de la guerre à Gaza par le Premier ministre.

Le quotidien israélien Haaretz a rapporté qu’en septembre, Netanyahou avait été informé d’une opération cruciale du Hamas avant les événements du 7 octobre sans agir en conséquence. Le New York Times a également révélé que les services israéliens avaient en leur possession un document décrivant le plan d’attaque du Hamas, nommé « Mur de Jéricho ». La sécurité reste donc un enjeu central de cette campagne électorale.

Parallèlement, l’insécurité persiste. Suite à une récente attaque ayant entraîné la mort de deux soldats israéliens près d’Hébron, l’armée a lancé une vaste opération en Cisjordanie occupée, évacuant 2 000 Palestiniens d’un quartier de la ville, selon le ministre de la Défense. En outre, des mesures de sécurité strictes, comme le bouclage des points de passage en Cisjordanie, seront en place pour le jour des élections. Les autorités palestiniennes protestent contre ces actions, les qualifiant de punition collective et appelant à une intervention internationale.

L’isolement croissant d’Israël sur la scène internationale, exacerbé par trois années de guerre à Gaza et les violences envers les Palestiniens en Cisjordanie, alimente également le débat politique. Des pays européens, dont la France, ont posé des sanctions sur les produits des colonies israéliennes. Netanyahou a évoqué la nécessité de bâtir une économie résiliente face à d’éventuelles sanctions futures, suscitant l’indignation de ses adversaires politiques.

L’inconnue du vote arabe

Un élément incertain demeure : le vote arabe. Les partis arabes, potentiellement crédités d’environ 14 sièges, pourraient jouer un rôle décisif en permettant à l’opposition de franchir le seuil de la majorité. Toutefois, cumuler des sièges ne garantit pas un accord de gouvernement, plusieurs alliés potentiels d’Eisenkot refusant d’être tributaires de leur soutien. L’éventail des scénarios possibles inclut une coalition minoritaire, un gouvernement d’union ou même de nouvelles élections.

Les calculs électoraux doivent aussi prendre en compte le seuil électoral de 3,25 %, qui pourrait éliminer des petites listes. Pour Netanyahou, une perte de majorité ne signifierait pas nécessairement une perte de pouvoir, alors qu’une victoire d’Eisenkot ne garantirait pas un changement de leadership. Au lendemain des élections, la lutte pour former des coalitions pourrait se révéler aussi cruciale que le combat électoral lui-même.

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