Les troubles dépressifs pourraient révéler un déséquilibre de l’horloge biologique, selon une étude australienne

Les troubles dépressifs pourraient révéler un déséquilibre de l’horloge biologique, selon une étude australienne

26.10.2026 07:26
2 min de lecture

Une étude conduite par des chercheurs du Brain and Mind Centre de l’Université de Sydney (Australie) révèle un lien potentiel entre certaines formes de dépression et la désynchronisation de l’horloge circadienne. Cette horloge biologique régule le sommeil, l’éveil et de nombreuses fonctions corporelles sur un cycle de 24 heures. Lors de désynchronisations dues à des horaires irréguliers ou à un manque de lumière durant la journée, les symptômes dépressifs peuvent être exacerbés, rapporte TopTribune.

Près d’un patient sur quatre concerné

Dans le cadre de cette recherche, plus de 10 000 individus souffrant de dépression sévère ou récurrente ont été analysés. Parmi eux, 2 604 personnes, soit 23%, répondaient à au moins trois des six critères dits « circadiens » définis par les chercheurs. Ces critères incluent un rythme de sommeil irrégulier, une fatigue intense au réveil, une augmentation du temps de sommeil lors des épisodes dépressifs et des variations saisonnières notables de l’humeur.

Le symptôme le plus fréquent parmi ce groupe était l’hypersomnie : 84% des individus du sous-groupe circadien ont signalé une augmentation significative de leur sommeil pendant les épisodes dépressifs. En outre, 83% d’entre eux ont mentionné souffrir de fatigue matinale.

Les personnes présentant des symptômes de dépression circadienne étaient généralement plus jeunes, avec un âge moyen de 38 ans, et se composaient surtout de femmes. Leurs symptômes étaient également plus sévères, incluant des expériences psychotiques, des idées suicidaires, ainsi qu’une prise de poids durant les crises dépressives.

Des traitements à repenser

Cette étude soulève des implications majeures pour la prise en charge de la dépression. Les antidépresseurs les plus couramment prescrits, tels que les ISRS et les IRSN, ont montré une efficacité réduite chez ces patients, selon la Dre Emiliana Tonini. En revanche, d’autres antidépresseurs comme la mirtazapine et l’amitriptyline se sont révélés efficaces.

Ce phénomène est intrigant ; généralement, une dépression plus sévère répond mieux aux traitements antidépresseurs. Les chercheurs suggèrent que cela pourrait indiquer un mécanisme biologique spécifique à cette forme de dépression.

Les traitements adaptés aux patients souffrant de dépression « circadienne » pourraient impliquer des thérapies ciblant l’horloge biologique, telles que l’exposition à la lumière le jour, la réduction de la lumière la nuit, et l’adoption de rythmes de sommeil réguliers. Le Pr Ian Hickie souligne que pour au moins un quart de ces jeunes patients, des options thérapeutiques orientées vers le rythme circadien pourraient être plus adaptées que les ISRS habituels.

Bien que les résultats soient prometteurs, des études supplémentaires seront nécessaires pour valider ces données, notamment en intégrant des mesures physiologiques directes de l’horloge interne, telles que les niveaux de mélatonine.

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