Le président brésilien de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, a été réélu ce dimanche 25 octobre, obtenant un quatrième mandat inédit contre le conservateur Flavio Bolsonaro, qui conteste déjà la légitimité du scrutin en dénonçant des fraudes. C’est la première fois qu’un candidat parvient à renverser la vapeur au second tour depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985), marquant ainsi une continuité de la tendance progressiste au Brésil, qui s’oppose à l’orientation droitière pris par des pays voisins tels que l’Argentine et la Colombie, rapporte TopTribune.
Malgré les pronostics défavorables, Lula a su rassembler 51,8 % des voix contre 48,2 % pour Bolsonaro, ce qui représente un écart de 4,4 millions de voix. Lula avait été devancé au premier tour par le fils de l’ancien président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d’État. Sa victoire, bien que significative, se heurte à une assemblée législative majoritairement conservatrice, limitant ses marges de manœuvre.
Mobilisation pour la démocratie
Dans son discours de victoire, Lula a salué « la générosité de la jeunesse brésilienne », qui s’est mobilisée avant le second tour pour défendre la démocratie. « Les Brésiliens sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie », a-t-il déclaré depuis São Paulo. Toutefois, la polarisation politique reste marquée au Brésil, reflet des profondes divisions qui traversent la société.
La journée électorale a été entachée de problèmes logistiques, le vote ayant été prolongé de deux heures en raison de décisions judiciaires. L’équipe de Lula a signalé des entraves à la participation des électeurs dans plusieurs régions, dénonçant le retrait intempestif de bus dans les zones rurales.
Contestations et accusations de fraude
Flavio Bolsonaro a dénoncé une « magouille » suite à l’annonce des résultats, affirmant qu’il est « impossible de reconnaître les élections ». Son camp avait également demandé une prolongation du vote dans certaines régions en raison de conditions climatiques défavorables. Le climat d’hostilité s’intensifie, rappelant la résolution du père de Bolsonaro de ne pas admettre sa défaite face à Lula en 2022.
Avec ce quatrième mandat, Lula, qui atteindra 85 ans d’ici la fin de son mandat en 2030, devient le président démocratiquement élu ayant dirigé le Brésil le plus longtemps, totalisant au total 16 années au pouvoir après son premier mandat de 2003 à 2010. Cela soulève des questions sur l’avenir politique du pays et sur la capacité de Lula à gouverner face à une résistance croissante de l’opposition.
