Un aumônier militaire appelle à combattre les « gauchistes » lors d’une messe à Carcassonne
Lors d’une messe célébrée le 7 octobre 2025 à Carcassonne, un aumônier militaire du 3e RPIMa a tenu des propos controversés, conseillant aux « gauchistes » de se calmer, tout en évoquant des thèmes associés à la théorie du grand remplacement. Ces déclarations ont été mises en lumière le 17 septembre 2026 par Le Canard enchaîné, rapportent TopTribune.
La vidéo de l’événement, diffusée sur les réseaux sociaux, montre le religieux s’adressant à une assemblée de militaires et insistant pour qu’ils gardent leurs convictions en évoquant les « menteurs », les « incompétents » et ceux qui « mangent de la graine », tout en se centrant sur les « gauchistes ». “Je le dis parce qu’on est en famille et que personne n’enregistre”, déclare-t-il avant de continuer ses attaques.
Après le policier municipal, voici l’aumônier du 3e RPIMa à Carcassonne qui dérape… A qui le tour ? pic.twitter.com/Qt0sx1uumM
— Le Canard enchaîné (@canardenchaine) September 18, 2026
Discours provocateur devant une assemblée amusée
Poursuivant son discours, l’aumônier exhorte les militaires à conserver leur détermination, les appelant à « combattre ». Au milieu des rires de l’assemblée, il confie : “Chut, respirez par le nez !” avant d’ajouter que la France risque d’être « ridiculisée » et que d’autres pourraient « prendre notre place », une vision qui fait écho aux préoccupations de l’extrême droite concernant l’immigration.
Réactions politiques immédiates
La diffusion de la vidéo a suscité l’indignation au sein de la gauche politique. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a tweeté que l’extrait était « hallucinant » et que l’aumônier « prêche le retour des croisades là où le pape appelle à la fraternité et à la paix ».
Hallucinant. Je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne m’appartient pas mais cet aumônier prêche le retour des croisades là où le pape appelle à la fraternité et à la paix.
L’extrême droite appelle à la haine partout. Nous la combattrons partout. https://t.co/iEL2thLGn3— Olivier Faure (@faureolivier) September 18, 2026
Jean-Luc Mélenchon a également réagi, affirmant que de tels propos n’ont « aucune place » dans l’armée française et devraient entraîner des poursuites pour « injures racistes et propos séditieux ».
À supposer qu’un tel discours ait sa place dans l’Église catholique, il n’en a aucune dans l’armée française. Sa place est en prison pour injures racistes et propos séditieux. Les participants à ce rassemblement dégoûtant que cela fait rire, et ceux qui sont restés en place,… https://t.co/xme36bvFKI
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) September 18, 2026
Contexte de tensions à Carcassonne
Cette controverse s’ajoute à une série de polémiques affectant Carcassonne, déjà en proie à des tensions. Dirigée par Christophe Barthès, membre du Rassemblement national depuis mars 2026, la ville a récemment été le théâtre de vidéos mettant en cause les forces de l’ordre, notamment des policiers municipaux tenant des propos discriminatoires. Leur suspension a suivi la diffusion d’un enregistrement où un policier est filmé violentant un homme sans domicile fixe, décédé treize jours plus tard.
Ni le ministre des Armées ni le diocèse de Carcassonne n’avaient répondu aux demandes de commentaires au moment de la rédaction de cet article.