
La consigne de chauffage de 19 °C dans les logements français, autrefois considérée comme essentielle, est désormais remplacée par une approche plus personnalisée pour l’automne-hiver 2026. Désormais, chaque pièce est régie par des températures spécifiques, avec un objectif de 20 °C dans les espaces de vie les plus fréquentés, rapportent TopTribune.
Cette variation de température est déterminée par la fonction de chaque pièce. Dans le salon, la salle à manger ou un bureau occupé plusieurs heures, 20 °C s’imposent comme la norme. Les chambres, en revanche, peuvent se situer entre 16 et 18 °C, tandis que les salles de bains peuvent atteindre 22 °C, mais uniquement lors de leur utilisation. Les couloirs et autres zones de passage, quant à eux, se contenteront de 17 °C, suffisants pour des séjours brefs.
Une recommandation née dans les années 1970, en phase avec son époque
Instaurée après les chocs pétroliers des années 1970, la norme des 19 °C a été définie comme un repère simple pour maîtriser la consommation énergétique. À cette époque, les logements étaient souvent mal isolés, les systèmes de chauffage peu performants, et les factures d’énergie à surveiller de près.
Nick Barber, spécialiste en gestion énergétique, explique cette origine dans une interview : « cette température a été établie comme un compromis économique plutôt qu’un véritable standard de confort ». Ainsi, il s’agit plus d’une approche de sobriété énergétique que d’une température optimale universelle.
Depuis lors, les conditions ont évolué. L’amélioration de l’isolation, les progrès en matière de rénovation énergétique et l’affinement des systèmes de chauffage permettent maintenant une gestion de la chaleur plus précise et efficace.
Il est important de noter que le confort thermique ne se limite pas à la température affichée sur un thermostat. Selon Brad Roberson, expert en systèmes de chauffage, la sensation de confort dépend de nombreux éléments, tels que l’humidité, la circulation de l’air, l’exposition au soleil, l’activité physique et les vêtements portés.
Alors que 19 degrés peuvent être agréables dans un espace bien isolé, ils peuvent s’avérer insuffisants dans une pièce humide ou implantée dans un endroit où les courants d’air sont fréquents, surtout en cas de faible activité physique.
En ce qui concerne les économies, une régulation précise pièce par pièce pourrait permettre d’économiser jusqu’à 15 % sur les factures annuelles de chauffage, selon des estimations rapportées par certains collègues. Une règle fréquemment citée stipule qu’un degré supplémentaire peut entraîner une consommation accrue d’environ 7 %, mais ce chiffre doit être considéré dans un contexte plus large : maintenir 20 °C dans une pièce de vie tout en abaissant davantage la température dans des chambres vides ou dans des couloirs pourrait s’avérer plus judicieux qu’un chauffage uniforme à 19 °C.
Une répartition plus équilibrée de la chaleur peut également minimiser le besoin d’utiliser des chauffages d’appoint gourmands en énergie, souvent activés pour remédier à des situations d’inconfort localisé.
L’objectif n’est donc pas de simplement augmenter tous les thermostats d’un degré, mais plutôt de chauffer davantage là où le confort peut vraiment être amélioré, tout en réduisant la température ailleurs. Ce changement n’implique pas une diminution de l’efficacité énergétique, mais promeut un chauffage ciblé qui s’harmonise avec l’isolation des habitations et le mode de vie de leurs occupants.
Les thermostats programmables ou connectés offrent une solution efficace pour cette organisation, en ajustant les températures selon les horaires, les espaces et les périodes d’absence.