Aux États-Unis, la contestation s’intensifie contre les projets de centres de données, notamment dans la commune d’East Fishkill, située à 70 kilomètres au nord de New York. Les habitants de cette ville, autrefois prospère grâce à une usine d’IBM, s’opposent fermement à l’implantation d’un centre de données s’étendant sur près de 100 000 m², destiné à satisfaire les besoins croissants de l’intelligence artificielle, rapporte TopTribune.
Ce projet, si controversé, pourrait consommer une quantité d’électricité équivalente à celle de la ville de Buffalo, qui compte 300 000 habitants. En réponse à la colère des résidents, la ville a décidé de suspendre le projet en instaurant un moratoire de trois ans pour les centres de données dépassant 20 mégawatts, alors que le projet de Treetop Companies est annoncé à 1 gigawatt.
Bernie Sanders à la pointe du mouvement
À l’échelle nationale, des réactions similaires émergent dans divers États. Un projet de centre de données de 9 gigawatts à Box Elder County, dans l’Utah, suscite une résistance locale, tandis qu’un projet tenu secret de Google à Sand Springs, en Oklahoma, a choqué les habitants. À Boulder City, au Nevada, les protestations ont conduit les promoteurs à envisager d’autres emplacements.
Les inquiétudes des citoyens se concentrent sur l’augmentation des factures d’électricité, la consommation des ressources en eau, ainsi que le bruit incessant généré par ces installations massives. Additionnellement, l’impact visuel de ces bâtiments sur les paysages résidentiels et ruraux suscite une vive émotion. Les Américains craignent également de perdre le contrôle sur leur environnement, face à une technologie qui semble découper des territoires au profit de quelques grandes entreprises.
Cette dynamique transcende les clivages politiques habituels, rassemblant des électeurs des deux partis autour d’un même objectif. Toutefois, il est surtout la gauche du parti démocrate qui se fait entendre dans le mouvement. Le sénateur Bernie Sanders a déclaré : « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et laisser une poignée d’oligarques milliardaires des géants de la tech prendre des décisions qui remodèleront notre économie, notre démocratie et l’avenir de l’humanité. » Il appelle à un débat public et à une régulation démocratique sur ces enjeux majeurs.
Quelles conséquences sur les « Midterms » ?
Sanders plaide pour l’instauration d’un moratoire national afin de réguler ces projets technologiques, alors que dans certaines localités, des restrictions sont déjà mises en place. L’État de New York, par exemple, a adopté une suspension temporaire d’un an pour plusieurs nouveaux centres de données. En Pennsylvanie, le gouverneur Josh Shapiro impose des conditions strictes pour l’approbation de certains permis, en lien avec le réseau électrique.
Les résultats d’un sondage montrent qu’environ deux tiers des Américains s’opposent à l’implantation de centres de données près de chez eux. Plus de 50 projets ont été suspendus ou reportés durant le deuxième trimestre de 2026. À l’approche des élections législatives, ces préoccupations deviennent un enjeu politique de premier plan qui pourrait influencer les choix des électeurs. En revanche, le président Donald Trump, fervent défenseur de l’innovation technologique, voit en ce secteur une source essentielle de croissance économique pour le pays.
