Marine Tondelier a repris ses fonctions de leader des Écologistes après quatre semaines de congé maternité. Dans un entretien, elle a affirmé : « Je continue de mener une double campagne : pour l’écologie et pour l’union ». Pourtant, elle doit faire face à l’effondrement d’une possible alliance à gauche, qu’elle a soutenue sans relâche ces derniers mois, rapporte TopTribune.
Les tensions croissantes au sein de la gauche se sont intensifiées, avec d’un côté Jean-Luc Mélenchon qui, soutenu par des résultats de sondages flatteurs, s’oriente vers le second tour, et de l’autre, Raphaël Glucksmann qui a remporté la primaire du Parti socialiste, marquant une rupture avec la France Insoumise. Cette fragmentation crée des divisions au sein du mouvement écologiste.
Tondelier a mis en garde contre les conséquences de ce conflit permanent : « Cet incessant bras de fer risque de nous conduire dans le mur. Une partie de la gauche somme les écologistes d’appuyer sur la détente pour éliminer l’autre. Mais je ne suis pas là pour désigner le roi du cimetière, car personne ne gagnera seul ». La résolution de la stratégie du parti ne se fera pas avant le 13 décembre, date d’un vote crucial.
« Maintenir une candidature n’est pas raisonnable »
Dans deux mois, les membres du parti devront décider s’ils soutiendront la candidature de Tondelier ou s’ils opteront pour un retrait au profit d’un autre candidat. Des voix, comme celle de Jérémie Iordanoff, député de l’Isère, plaident pour un soutien à Glucksmann, soulignant que face à la menace du Rassemblement national, « maintenir une candidature écologiste n’est pas raisonnable ». En revanche, certaines personnalités, dont Sandrine Rousseau, favorisent une alliance avec Mélenchon, le qualifiant de « candidat le mieux placé à gauche ».
David Cormand, eurodéputé, met en garde contre le fait de choisir un camp : « Prendre parti pour l’un ou l’autre, ce serait cotiser aux gauches irréconciliables et cela nous conduirait à l’impasse ». Il insiste sur la nécessité d’une candidature écologiste forte pour maintenir une ligne d’unité et favoriser le retour d’un projet alternatif aux prochaines législatives. Malheureusement, Tondelier peine encore à séduire les électeurs, ne recueillant que 3 % des intentions de vote dans un récent sondage.
Un parti au bord de l’implosion ?
Cet incertitude stratégique a déjà provoqué des frictions au sein du parti, comme en témoigne la suspension de Yannick Jadot pour avoir soutenu Glucksmann. Sandrine Rousseau a réagi en dénonçant ce qu’elle considère comme le début de purges. Elle souligne que cela pourrait précéder des déchirements ultérieurs après le vote de décembre. Marine Tondelier affirme que les opinions des médias ne reflètent pas nécessairement celles des militants : « Il n’y aura pas 100 % des gens satisfaits, et c’est normal qu’il y ait des interrogations ». En attendant, elle cherche à maintenir l’unité du mouvement.
Concernant l’avenir, elle a déclaré : « On va avoir des discussions bilatérales avec tous nos partenaires pour cadrer les négociations : sur le programme, l’accord de gouvernement, l’accord législatif et le dispositif de campagne ». Tout en présentant des propositions autour de la « lutte contre la solitude », de la « santé reproductive », et des « congés climatiques », Tondelier affronte un défi titanesque d’ici le 13 décembre.
