Le régime paléo : promesses et limites
Les partisans du régime paléo soutiennent que notre génétique et notre anatomie n’ont que peu évolué depuis l’ère préhistorique, et plaident pour une alimentation basée sur les aliments disponibles à l’époque, tels que les viandes maigres, les poissons, les fruits, les légumes, les noix et les graines, en excluant les produits céréaliers, les produits laitiers et les aliments transformés, rapporte TopTribune.
A cette époque, l’agriculture n’existait pas, ce qui signifie qu’il n’y avait ni aliments transformés ni sucres ajoutés. Les tenants de ce régime estiment qu’il pourrait être bénéfique pour la santé en raison de sa richesse en nutriments.
Selon la Harvard T.H. Chan School of Public Health, des résultats prometteurs à court terme ont été observés chez les individus suivant un régime paléo, notamment une perte de poids significative, une meilleure sensibilité à l’insuline et une baisse de la pression artérielle. Une étude suédoise a révélé que des femmes ménopausées sur ce régime ont présenté une réduction notable de la masse grasse après six mois, comparativement à un régime standard. Toutefois, après deux ans, ces avantages semblaient s’estomper, mettant en lumière les limites de ce mode de nutrition.
Les risques et les inconvénients
Cependant, le régime paléo n’est pas sans inconvénients. Des chercheurs de la Harvard T.H. Chan ont identifié plusieurs points de préoccupation : des carences nutritionnelles possibles dues à l’exclusion de produits laitiers, de céréales et de légumineuses, entraînant une augmentation du risque de manquer de calcium, de vitamine D et de fibres. Plusieurs études ont indiqué une chute des apports en calcium après trois semaines sur ce régime. Bien que des alternatives riches en calcium soient disponibles, comme le chou vert et certaines conserves de poissons, les quantités nécessaires à consommer pour couvrir les besoins en calcium restent élevées.
- Une consommation excessive de viande rouge pourrait augmenter les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et de certains types de cancer.
Malgré ces préoccupations, le paléo a l’avantage de promouvoir une alimentation à base de produits bruts et non transformés, tout en réduisant la consommation de sucre, de sel et de graisses industrielles. Toutefois, sa rigidité et ses exclusions rendent difficile sa mise en œuvre à long terme. La Harvard T.H. Chan School of Public Health conclut qu’aucune preuve solide à long terme n’atteste que ce régime serait plus efficace que d’autres méthodes équilibrées pour perdre du poids ou pour protéger la santé.
Des interrogations demeurent : le régime paléo est-il sans danger pour tous, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou les personnes âgées ? L’élimination de groupes alimentaires entiers peut-elle avoir des effets secondaires à long terme, surtout si le régime alimentaire n’est pas soigneusement élaboré pour répondre aux besoins nutritionnels nécessaires ?