Le terme « maxxing » élu mot de l’année par Dictionary.com
L’abréviation de maximizing, maxxing, a été désignée comme le mot de l’année 2026 par Dictionary.com, un dictionnaire en ligne américain, rapporte TopTribune.
Le terme maxxing a surpassé d’autres candidats tels que affordability (abordabilité), data center (centre de données), odyssey (odyssée) et unc (abbreviation de uncle ou uncool), utilisé par les générations Z et Alpha pour désigner une personne ringarde ou incomprise.
Selon la définition fournie par le dictionnaire, maxxing peut être utilisé seul ou en suffixe pour indiquer que l’on fait quelque chose à fond, ou que l’on maximise cette chose au maximum de ses capacités.
Les tendances telles que looksmaxxing (maximiser son apparence), fibermaxxing (maximiser son apport en fibres), whimsy-maxxing (maximiser la fantaisie dans sa vie), ou encore pheromone-maxxing (maximiser ses phéromones) illustrent bien cette réalité.
En 2026, Dictionary.com a également observé une hausse de l’usage de préfixes comme super- et ultra-, qui mêlent le sens d’un mot à quelque chose de plus grand ou meilleur. « Le terme maxxing reflète cette tendance : quoi que nous fassions, nous aspirons à l’excellence », peut-on lire sur leur site.
Le dictionnaire ajoute que maxxing « incarne cette impulsion typique de 2026 à toujours faire plus, tout en nous offrant un moyen de rire de nous-mêmes lorsque l’optimisation devient absurde ». L’année précédente, le terme retenu était 67 (six-seven), issu d’une chanson du rappeur Skrilla.
Les Z et les Alpha, révolutionnaires linguistiques ?
Selon USA Today, le mot maxxing reflète l’influence croissante de l’argot des générations Z (1997-2012) et Alpha (2013-aujourd’hui) sur la langue française.
Cependant, Anaïs Tatossian, professeure au département de français de l’Université d’Ottawa, tempère cette affirmation. Elle note que, bien que ces générations participent à la création et à la diffusion de nouvelles expressions, l’évolution de la langue ne leur revient pas uniquement. « Le terme maxxing est utilisé au-delà des jeunes, notamment dans le monde de l’entreprise et de la publicité. Cela démontre comment une expression née dans certaines communautés peut être adaptée et intégrée dans des contextes variés », explique-t-elle.
La professeure souligne que les jeunes ont toujours eu un rôle clé dans l’innovation linguistique. « Ce qui est singulier aujourd’hui, c’est l’impact des réseaux sociaux comme TikTok et Instagram, où un mot peut rapidement quitter son milieu d’origine et se répandre entre différents groupes sociaux et générations », précise-t-elle.
Un maxxing parfois problématique
Les tendances liées à maxxing ne sont pas sans conséquences négatives.
Par exemple, le looksmaxxing a été associé à des pratiques extrêmes telles que l’utilisation de stéroïdes ou des interventions chirurgicales pour affiner son apparence. Un des adeptes emblématiques, un influenceur américain connu sous le nom de Clavicular, est un fervent représentant du mouvement masculiniste et des incels (célibataires involontaires), reconnu pour ses vidéos sur TikTok.
Lors d’une tentative de séduction dans les rues de Paris, il a subi une humiliation publique et a ensuite qualifié la France de « mauvais pays avec une qualité de vie médiocre » après plusieurs échecs.
